Découverte et disparition...

Retour aux Grimoires

 

La passion de la généalogie... que peut-il y avoir de plus tranquille et sûr ? Peut-être bien plus de choses qu'on ne l'imaginerait...

 

(HRP: Event se déroulant en jeu)

 
 
 
- Les Clairières de Tirisfal -

Introduction

 

- Par la Flamme !

"... Le cri de Nyx résonna sous les voûtes de la Bibliothèque Ducale. Elle se leva subitement et renversa la chaise sur laquelle elle était assise, comme à son habitude lorsqu'elle se plongeait dans les vieux écrits Aarkoniens pour retracer l'histoire de ses ancêtres. La longue table de noyer était recouverte de parchemins, de livres anciens, de vieilles lettres et de divers documents plus ou moins récents. Ce qui avait fait bondir Nyx était une missive hâtivement rédigée à l'emblème de l'Aube d'Argent... ".

Camp du Noroit, Cinquième jour du Douzième Grand Cycle de l'An Vingt-Cinq,

Dame de Bosk,

Suite à votre courrier nous avons essayé de retrouver traces de votre famille. Malheureusement le peu de documents que nous avons pu évacuer avant la chute de Lordaeron, ne nous a pas permis d'en apprendre beaucoup. L'essentiel des archives étant restées en notre regrettée capitale. Cependant, le hasard a voulu que l'un de nos soldats, ayant eu vent de vos recherches se rappela, en voyant vos armes familiales, avoir trouvé il y a quelques années, un coffre contenant divers effets dont certains étaient brodés des armes de Mariakale.

Ce coffre était dans une ferme actuellement en ruine, située au coeur de Tirisfal, zone infestée par la Peste, au lieu-dit "Les Balnirs". Nous ne pouvons, et vous le comprendrez aisément, dans notre situation envoyer des hommes enquêter sur cette découverte, le fléau ne nous laissant aucun répit.

Nous regrettons de ne pouvoir vous aider plus avant.


Officier Pureheart.
Aube d'Argent

La missive dut faire la plus grande impression sur la Cardinale de Paltenio Nyx de Bosk, née de Mariakale. Car ce fut visiblement à la hâte qu'elle rangea sommairement les documents éparpillés sur sa table de travail, oubliant la lettre dans la bibliothèque. L'histoire aurait pu s'arrêter à ces considérations généalogiques somme toute fort communes, mais, au contraire, c'est ici que notre aventure débute...

Chapitre I

La Cardinale avait pris le temps d'un rapide message à l'attention de son tendre époux, le Sénateur Kabuga de Bosk. Elle l'informait de son voyage et l'assurait être de retour bientôt. C'est cette assurance qui, bientôt, mis tout le Duché en alerte. Car plusieurs jours s'écoulèrent sans qu'aucune nouvelle ne parvint de la Cardinale de Bosk. Si ceux de la Maison de Malaky dont elle avait la charge furent les premiers à s'étonner de cette inhabituelle absence, c'est d'une Garde Prétorienne de la Maison de Wernoriae que de nouveaux éléments vinrent : Alfane Eärywn.

La Prétorienne rapporta aux autorités sa rencontre avec une dénommée Dahianne de Mariakale dans les rues d'Ironforge. Sa ressemblance avec la Cardinale était étonnante - voire effrayante - on les croirait presque jumelles aux dires de la Prétorienne. Connaissant la passion de la Cardinale pour la généalogie et les recherches actives qu'elle effectuait sur sa famille, Alfane s'empressa de demander à Dahianne si elle avait un lien de parenté avec Nyx de Mariakale, Cardinale de Paltenio et devenue depuis quelques Cycles Nyx de Bosk. Question à laquelle Dahianne répondu simplement qu'elle n'avait pas de famille... Intriguée - tant par la ressemblance physique que par la concordance patronymique - Alfane proposa alors à Dahianne d'aller consulter les archives du Duché, afin de vérifier, dans les travaux généalogiques de Nyx, si il était mentionné quelque part une Dahianne de Mariakale. Les deux femmes se mirent d'accord sur la suite des évènements : Alfane irait consulter les archives du Duché et préviendrait Dahianne par courrier du résultat de ses investigations. Ce qu'elle fit bientôt. Elle apprit ainsi que Dahianne était la fille de Lorion de Mariakale et de Calania des Confins. Tous deux décédés aujourd'hui. Le nom de Dahianne figurait donc en bonne place sur l'arbre généalogique des de Mariakale, au même niveau que celui de Nyx. Les deux femmes étaient cousines.

Face à tous ces éléments et à la disparition de sa femme, le Sénateur Kabuga de Bosk, bouleversé, exigea de rencontrer immédiatement Dahianne, de sorte à essayer d'en apprendre plus long sur la famille de Mariakale et sur la destination de Nyx. La Prétorienne Alfane retrouva donc le Sénateur de Bosk, qui était accompagné du Prétorien Ithilyrr près de la cathédrale de Lumière de Stormwind.En effet, l'adresse que Dahianne - qui était prêtresse de la Lumière - lui avait laissé, était celle du couvent attenant à la cathédrale.

Et là, Alfane, Kabuga et Ithylirr allaient faire une découverte encore plus surprenante...

 

Chapitre II

 

Le gardien du couvent avait été attaqué, la lettre expédiée par Alfane à Dahiane, volée, et, pire que tout, soeur Dahianne avait disparue. Au milieu du désordre de la petite chambre de Dahianne, ils purent trouver des traces de sang frais, sous le lit. Après un interrogatoire minutieux et fastidieux du gardien du couvent, les aarkoniens découvrirent par où les malandrins étaient passés: par d'antiques souterrains, creusés à l'époque de la construction de la cathédrale, que les ecclésiastiques gardaient secret pour pouvoir fuir en cas d'attaque intempestive sur la ville. A l'entrée du souterrain, Kabuga et Alfane découvrirent des preuves irréfutables du passage des êtres qui avaient mis le couvent sans dessus, volés la lettre d'Alfane et certainement enlevés Dahianne...  Mais dans quel but ?

Le Sénateur partit vers le nord, explorer le lieu-dit mentionné dans la lettre de l'Aube d'Argent et la Prétorienne Alfane avait fait appel à ami ayant affiliation avec le SI-7, Dorlaël, afin qu'il puisse lui donner des informations sur des choses suspectes s'étant déroulées à Stormwind, pendant la nuit. Et il y en eut...

Les rapports remis par la Prétorienne aux autorités contiennent le témoignage de Dorlaël :

"[...] Des agents en charge de la surveillance des gardes de la ville, qui sont placés sur les remparts qui surplombent la vallée des héros, ont vu passer un étrange chariot noir, conduit par deux silhouettes voûtées dégageant, ont-ils dit, une odeur infecte... Une odeur de mort... Encore pire que l'odeur qui se dégage parfois des chariots qui évacuent les carcasses de viandes des cuisines de la caserne. Cette odeur les a vraiment frappé. [...] Les roues du chariot étaient de trés bonne facture et portaient en leurs centres une marque particulière trés reconnaissable pour les spécialistes : la signature du maréchal férant de Darkshire, dans le Bois de la Pénombre. [...]"

Une odeur de mort, le Bois de la Pénombre, Tirisfal, le Fléau... Tous cela sentait le non-mort à plein nez...

 

Chapitre III

 

Les Aarkoniens, et tout particulièrement ceux de la noblesse, étaient bouleversés par la disparition de la Cardinale. Ainsi, une expédition fut ordonnée par la Vicomtesse Phaenan Dourton, le Comte Elnor De La Cour et le Sénateur Kabuga de Bosk. Leurs pas les menèrent en Lordaeron, plus précisément à la ferme des Balnirs en Tirisfal. Une première journée s'écoula sans que le moindre indice vienne éclairer le sombre ciel de la région. Le lendemain, le Comte et le Prétorien Ithilyrr Ambersong firent halte au Camp du Noroît et firent quelques demandes au sujet de la famille Balnir. Ils furent bien étonnés lorsque une garde de l’Aube d’Argent fut à même de les informer de plusieurs faits que nous résumerons ainsi: D'abord qu'à l’intérieur de la ferme des Balnirs, il y a fort longtemps, un coffre en bois renfermait des vêtements aux armoiries de la famille De Mariakale ; ensuite qu'un archiviste de Stormwind du nom de Morkalawen, faisant partie du SI:7, garde en sa possession les seuls documents d’archive de Tirisfal, les autres étant restés à Brill.

C'est donc la direction de la Capitale humaine que les aarkoniens prirent. Ils arrivèrent le lendemain. L'Officier Elianthïs Ulthue rejoint la Vicomtesse Dourton et le Comte De La Cour. La discussion avec l'archiviste fut assez périlleuse, il se résolut cependant à livrer de précieuses informations : La famille De Mariakale habitait à Tirisfal, dans la ferme de la Clairière. Il confirma que selon les registres Dahianne était bien la fille de Lorion de Mariakale et de Calania des Confins. Information que la Prétorienne Alfane avait déjà recueilli précédemment. Mais ils apprirent également que le fléau avait tué les parents et que Dahianne fut recueillie par des voisins, les Balnirs. Tous se réfugièrent à Menethil lorsqu'ils virent le Fléau prendre son irrémédiable ampleur. Peu enclin à aider les aarkoniens, l'archiviste Morkalawen leur interdit d'en apprendre plus par la lecture des registres. Il finit de s'irriter lorsqu'il vit la Vicomtesse Dourton incanter sous son nez. Il ne comprit rien à ce qu'elle marmonna et s'empressa d'écarter le registre de la main qu'elle avait posé sur sa couverture.

Sur ces entrefaits, le Comte De La Cour entreprit de se rendre seul en Menethil pour y enquêter sur les Balnirs. Contre toute attente, ce fut à l'auberge qu'il trouva une piste. L'une des servantes s'avéra être la dernière des Balnirs ! C'était une fille simple qui ne savait rien d'autre de Dahianne que le fait qu'elle vivait désormais en Stormwind où elle avait embrassé la carrière des ordres... de bien maigres renseignements...

Désemparés, les aarkoniens ne savaient où diriger leurs recherches. Aucune nouvelle piste, aucun élément nouveau n'était à relever depuis plusieurs jours... les pires craintes concernant la Cardinale Nyx de Bosk couraient dans les esprits.

Ne pouvant se résoudre à l'inactivité, dans la soirée du vingt-troisième jour du Douzième Grand Cycle, la Baronne Elenwë Alquàirë leva une expédition composée des Prétoriens Elianthïs Ulthue, Goldwynn Eldoras, Galaad d'Elethan et Tamlyn d'Innès afin de se rendre au donjon d'Ombrecroc pour vérifier qu'il ne recelait aucune trace de la Cardinale. Ce fut le cas, à ce jour rien n'a été trouvé dans les couloirs en ruine qui étaient et doivent être encore la proie du maudit sorcier Arugal puisque personne n'a pu allumer un feu pour purifier le lieu.

                                                   [Découvrir le détail de l'expédition]

Bientôt les jours s'écoulèrent, sans nouvelles de la Cardinale en charge de la Maison de Malaky. Certains indices furent pourtant bientôt révélés : Un mystérieux coffre dans une ferme des Balnir, la présence d'une Réprouvée qui semblait pister les Aarkoniens et que tout laisser présager être la propriétaire de la "demeure". Mais rien, non rien, ne vint déclencher chez ceux qui furent présents lors d'une série d'événements peu anodins un quelconque déclic. A croire que certains étaient prêts à faire le deuil de la Cardinale Nyx de Bosk, née de Mariakale.

 

Chapitre IV

 

Durant trois semaines – vingt longs et précieux jours – d'absence, les Aarkoniens s'étaient révélés complètement incapables de progresser dans leur recherche de Dame Nyx. La Vicomtesse Phaenan Dourton était d'une humeur massacrante depuis quelques temps, si on eut craint pour elle également lorsqu'elle disparut quelques jours, sans donner non plus la moindre nouvelle,  son retour allait être douloureusement ressenti par les Aarkoniens. Parce que sa supérieure, son amie, n'était toujours pas de retour, la Magicienne s'était renseignée auprès du Secretarius et avait obtenu de lui copie de tous les rapports rédigés par les Aarkoniens concernant cette disparition.

A ses yeux, les Aarkoniens n'étaient pas uniquement bredouilles, pire : ils étaient restés bras ballants ! Aucun d'entre eux n'avait envisagé de creuser l'une des pistes qui pourtant étaient connues.

Quid de la présence de Calamity à la ferme des Balnir ?
Quid du contenu du coffre découvert à ce même endroit ?
Quid de l'étrange comportement de la Réprouvée ?

Tout ces éléments avaient été contés par voie orale, puis avaient été inclus dans les différents rapports... Et pourtant, un regard en arrière sur ces vingt longues journées lui apprenait qu'elle était absolument la seule à avoir puisé dans ces indices ! Elle saisit une plume, un parchemin et un encrier. Elle commença à rédiger une lettre ouverte aux Aarkoniens, d'une main tremblante donnant naissance à une écriture saccadée.

Azshara, le neuvième jour du Premier Grand Cycle.

A l'ensemble des Aarkoniens,

Une question me brûle l'esprit.
Manquez-vous donc de coeur, ou bien est-ce la pensée qui vous fait défaut ?

Les festivités annonçant la venue de l'hiver vous ont-elles accaparées au point que vous en ayez totalement oublié l'absence de l'une des vôtres ? Non ? Alors, Aarkoniens, je vous mets tous en demeure de m'expliquer les raisons de votre total manque d'avancée concernant la disparition de la Cardinale de Paltenio ! Oserez-vous venir m'affirmer que vous manquiez d'indices ? Sénateur de Bosk ! Comte de Prekral ! Et les découvertes que nous avions tous les trois réalisées lors des fouilles de la ferme des Balnir ? Et vous autres, vous tous Aarkoniens, n'avez-vous donc pas lu les écrits du Sénateur de Bosk et du Comte de la Cour ? Tout s'y trouve ! A quoi donc vous servent vos yeux, s'ils sont aussi aveugles ?

N'ayant eut le temps de le faire hier, je pense qu'il est temps de vous informer de l'avancée que j'ai réalisé tandis que vous deviez boire gaiement devant les feux d'artifices organisés par je ne sais trop quelle corporation d'Undermine. Parenthèse : cette fois encore, si mon mépris vous choque, prouvez-moi donc qu'il est injustifié, en prenant cette recherche à coeur !

Dame Calamia des Confins fut victime du Fléau, elle ne repose donc pas. Cela, vous le saviez, ou du moins deviez le savoir. Cependant, elle appartient à ce clan de non-vivants ayant échappé à l'emprise du Trône de Glace, ceux qui se nomment eux-mêmes Réprouvés et hantent les catacombes de Lordaeron. J'ai donc vécu ces trois dernières semaines en ce lieu, dans l'espoir d'y pêcher de nouveaux éléments.

Feu Dame des Confins a adopté le surnom de Calamity, stigmatisant d'ailleurs ainsi une rupture avec sa vie passée. Dans sa non-vie, elle est désormais loyale à la Reine Banshee, servant celle-ci sous le rang de Lieutenant. Puisque je suis prête à parier une chemise que c'était elle qui a tenté d'empêcher le Sénateur et moi-même de découvrir le coffre des Balnir, une question s'impose : « Pourquoi ? »

Lors de mon départ, j'espérais que cela fut pour un motif sain, forte de ma croyance en la capacité des Réprouvés à ne pas sombrer dans la malfaisance. Désormais, je considère que cette Calamity a désiré nous éloigner de celle qui était sa fille, et les motifs d'une fidèle de Sylvanas ne sauraient être bons... Si l'Aarkonie venait à retrouver Dame Dahianne, celle-ci serait évidement accueillie en son sein, puisque sa place s'y trouve tout naturellement. La Réprouvée désirait-elle éviter que Dahianne de Mariakale ne puisse profiter de la protection de l'Aarkonie ? Aussi relatives que soient à ce jour les forces Aarkoniennes, elles ne sont pas comparables à celle d'un banal gardien de dortoir... Je suis donc convaincue que la Réprouvée a pour sa fille des projets qui m'échappent, mais qui ne peuvent être ni bénéfiques à l'Alliance, ni même pour l'Aarkonie, et qui sont - quoiqu'il en soit - très certainement déplaisants pour Dame Dahianne.

Pourquoi ce long écart sur la Cousine de la Cardinale de Paltenio ? Nous entrons désormais dans mes hypothèses, mais Dame Nyx ne pourrait-elle pas s'être laissée surprendre par cette Réprouvée ? Etant donnée l'avance qu'elle avait sur nous, je reste assurée que Dame Nyx a pu rejoindre la ferme des Balnir avant nous. Pourtant, nous y avons trouvé intouché le contenu du coffre. Pour quelle raison Dame Nyx aurait-elle laissé là des objets qui seraient bien plus chers à ses yeux qu'aux nôtres ?

Je m'avance en terrain incertain, Aarkoniens. Mais Dame Nyx ne se trouve certainement pas dans les geôles d'Ombrecroc. Son absence s'explique probablement par une rencontre avec cette Réprouvée, ou avec les agents de celle-ci. Si le Sénateur et moi-même avons évité de subir le même sort, il y a fort à parier que cela soit car nous étions ensemble. Lors de notre opposition, la Réprouvée était menaçante, mais n'a – à aucun moment – osé franchir le pas et passer à l'acte. Peut-être étions-nous aussi plus vigilants – recul émotionnel aidant – que ne pouvait l'être Dame Nyx.

Que cela soit heureux ou non, je n'ai pu trouver aucune trace de la Cardinale de Paltenio dans les Ruines de Lordaeron, pas plus qu'à Brill. Mais je n'aurais pas la prétention de m'être aventurée de partout. Seule, je devais songer à ma sécurité. Si d'autres Aarkoniens participaient à une expédition sur le terrain, en revanche... La donne serait aussi différente que ne le seraient peut-être les résultats.

 

Phaenan.
* rune de Mage en guise de signature *

Blessés en leur orgueil ou nourris d'un espoir nouveau, les Aarkoniens réagirent massivement, tous enfin prirent conscience qu'une action commune serait nécessaire à la survie de leur soeur. Sous l'égide de la Baronne Elenwë Alquàirë la Maison de Wernoriae sonna le rassemblement, ordonnant qu'une expédition militaire d'envergure soit menée en Lordaeron.

Le Régent, Le Comte Elnor, la Baronne Elenwë, la Vicomtesse Phaenan, les Prétoriens Galaad et Ballian ainsi que le Milicien Lituasse participèrent à une mission d'exploration au coeur du territoire des non-morts. Leurs pas les menèrent jusqu'aux portes d'Undercity... divers indices laissaient à penser que la cardinale pourrait fort bien y être retenue. Mais les Aarkoniens durent se replier rapidement lorsque la garde de la Cité fut

bientôt prévenu de la présence d'humain non loin des égouts de la Capitale. Les troupes aarkoniennes devraient être plus nombreuses et mieux armées si elles voulaient tenter une incursion si dangereuse. A présent, les autorités étaient certaines que le Salut de la Cardinale passerait par une attaque des prisons d'Undercity, des indices probants concordaient enfin. Mais quels tourments la Cardinale vivaient-elles pendant que le déploiement se mettait en place... 

 
 

Pendant ce temps, dans les geôles d'Undercity...

Elle osait à peine respirer. Elle entendait ou croyait entendre le bruit continu des pas frappant l’eau souillée des égouts. Ils les cherchaient, ils allaient les torturer encore et encore. Elle ne pourrait pas supporter de se retrouver de nouveau aux mains de ses bourreaux. Cette souffrance était insupportable, son cerveau était embrouillé par la peur et les effets des produits qu’ils l’avaient forcé à ingérer. Des potions innommables aux goûts tous plus écœurants les uns que les autres. Elle sentait qu’elle perdait l’esprit. Elle était à deux doigts de s’évanouir, le moindre essai d’incantation lui irradiait la tête, impossible de s’enfuir d’ici par le simple appel d’un portail magique, cela aurait été si simple, mais elle en était incapable.

Elle tremblait, la terreur et le froid la glaçait alors qu’elle se recroquevillait dans un recoin sombre des égouts de Lordaeron. Elle avait perdu la notion du temps, les minutes semblaient des heures, s’endormir enfin, elle ne le pouvait pas… ils la trouveraient, elle devait veiller, elle devait résister au sommeil. Elle se terrait là, comme un animal pris au piège. Sa robe en lambeaux lui collait à la peau, trempée de la pourriture qui s’insinuait partout dans cet endroit infect. L’odeur abominable qu’elle respirait depuis des jours et des jours la menait continuellement au bord de la nausée. Elle essayait de centrer son esprit sur le souvenir des yeux tendres de son mari, elle avait survécu pour lui. Elle ne voyait pas quelle autre espoir que celui de revoir Kabuga aurait pu lui donner la force de tenir face à ses tortionnaires.

Peut-être aussi la découverte de cette cousine inconnue. Se retrouver face à l'image d'elle même avait réveillé ses sens endoloris lorsque la jeune fille qui lui ressemblait tant avait été jeté sur la paillasse commune. Commune aux hommes et femmes, endormis ou évanouis, qui comme elles étaient victimes des apothicaires et de leurs expériences abjectes. Quelle ironie du sort avait pu les réunir dans cet endroit, après toutes les recherches qu'elle avait menées pour la retrouver. Mourir ensemble, ce n'était pas les retrouvailles que Nyx avait imaginé.

Grelottante, Nyx empêchait ses dents de s'entrechoquer. Dans la folie qui l'envahissait, ce simple frottement semblait pire que le carillonnement des cloches de la cathédrale de Stormwind. Stormwind, la douce capitale dorée de lumière lui semblait au bout du monde. Son foyer, ses amis, pourvu que...

Dahianne avait-elle pu s’enfuir ? Elles étaient au bord de l’épuisement tant physique que mental lorsqu’elles avaient profité d’un moment d’assoupissement de leur geôlier pour s’enfuir du sous-sol de l’Apothicarium. Toutes leurs maigres forces avaient été mises à contribution pour leur permettre d’user de précaution à se faufiler dans les sombres couloirs. Comment se repérer dans cet enfer, lorsque l’on est en fuite, exténué par la douleur et l’angoisse. Elles avaient erré pendant ce qui leur avait paru des heures, dans les galeries nauséabondes, redoutant les lumières et le moindre bruit de pas. Serrées l’une contre l’autre tant pour se réchauffer que pour se rassurer d’être encore en vie dans un endroit où seule la mort résidait.

Puis, la panique avait supplanté leurs laborieux efforts de discrétion lorsque les cris étaient parvenus à leurs oreilles. Des bruits de courses résonnaient, impossible de les localiser exactement. Alors elles s’étaient mises à courir, droit devant elles jusqu’à ce qu'elles trébuchent dans une immense flaque fétide. Les égouts de Lordaeron. Sûrement leur seule porte de salut. Mais les cris de ces voix effroyables des non-morts étaient juste derrière elles. Nyx avait alors poussé Dahianne dans une direction, lui murmurant que se séparer s’était obtenir au moins une chance de survivre. Les yeux larmoyants des deux cousines s’étaient croisés en un au revoir qui pouvait être un adieu.

Dahianne ne voulait pas quitter Nyx, mais les poisons qui lui avaient été injectés l’empêchait d’être lucide, elle obéit à sa cousine machinalement, sans se défendre et malgré l’éclair vacillant de sa raison qui lui disait que s’était une folie. Pataugeant dans le liquide vert et visqueux qui bouillonnait au cœur des égouts, elle reprit sa course. La galerie s’évasait, la montée s’accentuait lorsqu’elle débouchât enfin à l’air libre. Enivrée par les odeurs suaves de la nuit, elle tomba à genoux, ses deux mains s’écrasant dans l’herbe humide. La liberté était si proche, mais elle était incapable de faire un pas de plus. Elle haletait et fût prise de vomissements incontrôlables.

Souillée, éreintée, étourdie par l’inhalation subite d’air pur, elle eut à peine la force de ramper vers les buissons avoisinants. Le calme et le silence de la forêt eu raison du peu d’endurance qui lui restait, elle s’affala dans les fougères hautes, dissimulée aux regards par l’enchevêtrement des branches basses d’un arbuste touffu et perdit connaissance.

 

Chapitre V

 

Lorsque la Milicienne Shelliànndyllis avait suivi le Sénateur de Bosk et la Vicomtesse de Matrane sur l'Île de Theramore pour coinfirmer les rumeurs qui faisaient état de la présence de Dame Dahianne de Mariakale à l'hôpital de la ville, elle s'attendait à n'être qu'une simple escorte. Prompt à l'action et poussé par l'envie insoutenable de retrouver la trace de sa femme, le Sénateur s'était rendu dans la ville sans hésitations, malgré les injonctions à la prudence de la Milicienne qui craignait que cela ne fut un piège, une rumeur destinée à tromper l'Aarkonie. Bientôt, ils furent arrivés à l'hospice.

L'odeur de maladie mêlée à celle du désinfectant et autres produits médicaux souleva le coeur de la chasseresse. La maladie... La pire façon de mourir. Crispée et mal à l'aise, laissant son familier, Koumal, garder le seuil de la pièce, elle entra à la suite du Sénateur, se plaçant le plus loin possible de la malade, respirant le moins possible l'air contaminé. Enfin la visite se terminait, c'était bien la cousine de la Cardinale qu'un corps expéditionnaire avait recueilli.

La Milicienne s'aspergea le visage d'eau fraîche et pure, et ramena son esprit dans la pièce. " Le mal se transmet par le toucher", avait dit le médecin. Elle ne risquait donc rien. Serait-ce le cas de tous...

L'état de santé de la cousine de la Cardinale semblait se stabiliser avec les heures. La phase critique sembla bientôt être passée. La jeune patiente ayant relativement bien supporté les médications passa une nuit calme à l'hospice de Theramore. Mais les médecins ne se prononçaient pas encore :  souffrait-elle d'une dénutrition et des séquelles liées aux mauvais traitements manifestement subits durant une longue période ou y avait-il autre chose ? Les nombreuses traces d'injection pouvaient laisser penser qu'un empoisonnement n'était pas non plus exclu.

Les services du SI:7 furent bientôt informé du mal étrange et, surtout, de l'endroit duquel venait la patiente. Ils fut exigé une mise en quarantaine par ordre du Roi. De ce fait les visites furent interdites, aucun aarkonien ne put plus approcher Dahianne dès ce moment. Mais la question se posait bien, la quarantaine était-elle liée à la personnalité de la patiente ou à une possibilité de contamination...

Le lendemain, un courrier parvenait à l'adresse du Sénateur Kabuga de Bosk :

Hôpital militaire de Theramore,

Sieur de Bosk,

J'ai d'excellentes nouvelles, Soeur Dahianne s'est réveillée ce matin et a pu dire quelques mots. Je l'ai rassurée concernant votre venue de la veille mais j'ai du hélas lui redonner des calmants, elle ne cessait de vouloir partir pour Lordaeron, ce qui en dehors de la quarantaine est une folie vu son état de faiblesse.

La légère dose que je lui ai administrée devrait la tenir endormie jusqu'en fin d'après-midi. En espérant qu'elle revienne à de plus sages désirs lors de son réveil, nous essaierons d'en savoir plus sur la mésaventure qu'il la conduite à se retrouver dans notre hôpital.

Docteur Gustav VanHowzen

 

Chapitre VI

Le déploiement ordonné par la Régence était enfin prêt. Les Aarkoniens n'en pouvaient plus de cette éprouvante attente, mais l'opération n'était pas sans danger, sa planification avait demandé du temps et les conseils des plus hauts stratèges. A la 17e heure du dernier jour du cycle, l'armée aarkonienne était prête à passer à l'action. Pour éviter toute représailles éventuelles, les écussons et oriflammes aux couleurs aarkoniennes ainsi que les uniformes étaient proscrits.

La colonne aarkonienne s'étendit bientôt le long des clairières de Tirisfal. Les ordres étaient clairs, l'incursion devait être des plus discrètes, l'action ne commencerait qu'une fois rejointe la Cité des non-morts, et à ce moment là, il faudrait frapper vite et fort.

Les troupes de la Milice étaient également déployées, guidées par l'Officier Galduth Gorlan, les Miliciens Mälaack, Zalathorn, Groyn et les Miliciennes Liete et Maliciä, n'eurent pas la tâche la plus évidente. Ils durent assurer la reconnaissance du chemin à suivre. Tâche d'autant plus ingrate que, une fois sur place, ils devraient dans un premier temps couvrir les arrières des troupes régulières et de l'Etat-Major. Ils ne seraient dans le feu de l'action que dans un second temps. Certains ne manquèrent pas de s'en plaindre, d'autres en étaient très satisfaits... 

Arrivées devant l'entrée des égouts d'Undercity, les troupes aarkoniennes s'attelèrent immédiatement à la tâche selon les ordres prévus. Une escouade s'introduisit en reconnaissance, la Milice couvraient l'entrée et les Prétoriens Goldwynn, Lance et Galduth préparaient la première vague d'assaut.

Le chemin était ouvert, les éclaireurs annoncèrent bientôt ce que tous attendaient 

 

Dame Nyx était à portée de vue... Mais elle était sous la garde de l'un des serviteurs de la Banshee et d'une non-morte, certains la reconnurent ultérieurement : Calamity. Mais l'ordre d'attaque fut ordonné, les Aarkoniens chargèrent en nombre, surprenant puis éliminant les geôliers de la Cardinale.

Bientôt tout ce que l'expédition comptait de Médecins, d'Infirmiers et d'Apothicaires se précipita au secours de la Cardinale, ses blessures étaient importantes et elle semblait plongée dans un coma profond.

La Vicomtesse Phaenan Dourton fouilla le corps inanimé de la non-morte dans l'espoir diaphane d'y découvrir une quelconque potion adaptée aux soins que l'état de Dame Nyx réclamait, en vain... du moins pour ce qui était d'une potion.

Mais la présence d'une troupe armée de représentants de l'Alliance avait tout pour alerter les non-morts de la Capitale, il fallait se presser. Les Aarkoniens transportèrent le corps inerte de la Cardinale en lieu sûr.

 

L'Aarkonie retrouvait sa Cardinale, si son état préoccupait au plus haut point les responsables de l'Hospice Aarkonien et que tout danger pour elle n'était pas écarté, l'Aarkonie poussait un "ouf" de soulagement, il s'en était fallu de peu que l'on ne récupéra qu'un cadavre.

A suivre, l'épilogue, notamment avec les récits relatifs à la "transformation" de Phaenan et à la propagation de l'épidémie ayant suivi le rapatriement de Dahianne et Nyx.
 

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