Une mission pour l'Armée

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Les Aarkoniens sont envoyés aux Carmines pour une mission de routine, mettre la main sur un étrange Vengeur qui tourmente le Sergent Willehalm, responsable de la garnison aarkonienne de Comté-du-Lac.

[Messages initiaux et complémentaires sur ce post ; la présente page est un résumé des événements ]

(HRP: Event se déroulant en jeu et sur le forum)

 

 Chapitre I

C'est au 1er jour du IIIe Grand Cycle que le Major Aarkan  de la garnison aarkonienne d'Hurlevent sollicita l'envoi par chacune des trois Maisons de un à deux représentants pour une mission de routine sous ses ordres. Le Major Aarkan est une femme d’environ 35 ans. Intègre et loyale, elle est aussi intelligente et travailleuse. Elle est très appréciée de ses hommes et possède de réelles capacités de meneuse. On lui promet un bel avenir dans l’Armée. De haute stature, elle porte des cheveux blonds et longs.

Les aarkoniens Gehenne Milabrega, Lieutenant, Hipolite Sankol, Caporal, de la Maison de Wernoriae, Anaryane L. Cendrelac et Elenwë Alquàirë, Novices de la Maison de Malaky, ainsi que l'Edile Mirâge se présentèrent à elle. Après quelques mots polis et diverses présentations, le Major s'adressa au petit groupe en ces termes :

"Vous vous demandez certainement pourquoi vous êtes ici : la raison est la suivante : vous vous êtes portés volontaire et avez été acceptés pour participer à une mission pour le compte de l’Armée. Votre participation à cette mission sera portée à votre dossier, et son succès vous octroiera en outre une prime confortable. Bien sûr, je fais également appel à votre sens du patriotisme pour cette mission…"

Elle continua, après avoir obtenu que les présents respectent la confidentialité de la mission, en précisant que le Sergent Willehalm, qui dirige la garnison de Comté-du-Lac, a besoin d’une aide extérieure pour une mission spéciale. Le Capitaine n'en dit guère plus mais leur garanti que le risque était limité, "rien dont vous ne pouvez venir à bout", et que la prime était garantie par l’Armée.

La garnison de Comté-du-Lac était initialement de taille modeste mais elle avait été renforcée depuis la prise de Régence d'Aarkon de Vallon. La garnison comptait désormais une trentaine d'homme, ce qui en faisait l'une des plus importante représentation aarkonienne en dehors d'Hurlevent. La troupe logeait dans des quartiers vétustes haut de deux étages. De forme triangulaire, le toit est recouvert de tuiles, mais des meurtrières sont là pour rappeler que des soldats peuvent discrètement observer les mouvements alentours. Presque en face de la caserne, de l’autre côté de la rue, on trouve l'auberge de Comté-du-Lac, où les soldats aiment à venir pendant leurs temps de repos.

 

Lorsque les aarkoniens arrivèrent devant la caserne, il furent reçus par le Sergent Willehalm, occupé à fumer un gros cigare. Il l'écrasa au sol, visiblement contrarié. A l'intérieur, le Sergent Willehalm leur proposa un verre d’alcool afin de les mettre à l’aise. Les aarkoniens refusèrent, ce qui n'empêcha pas le Sergent de se servir. De sa voix torailleuse, le Sergent indiqua au groupe qu'ils étaient là pour participer à la capture de celui qui se fait appeler le Vengeur.

 

"Autant vous le dire tout de suite : je ne sais pas pourquoi la hiérarchie vous envoie, car je suis sûr que mes hommes et moi aurions très bien pu le capturer nous-mêmes. Quoi qu’il en soit, je ne remet pas en cause les ordres" ajouta-t-il.

Il s'agissait pour les aarkoniens de mettre sur pied un "faux convoi". Le Sergent avait fait courir le bruit qu’un représentant du Trésor aarkonien passerait dans la partie sud de Comté-du-Lac le surlendemain. Le Sergent était sûr que le Vengeur mordrait à l’hameçon.

 

Willehalm ne cacha pas son antipathie à l’égard des aarkoniens qu'on lui envoyait… cependant, il répondit à leurs questions, exagérant visiblement le danger représenté par le Vengeur. Il ne signala pas que les forfaits du Vengeur furent toujours exempts du moindre crime de sang...

 Chapitre II

Elenwë Alquàirë sifflotait toujours, fouillant dans les placards de sa chambre. Elle regardait avec attention tout ce qui lui passait sous la main et mettait tout ce qui semblait intéressant pour aider à la capture d’un brigand et éventuellement à sa propre survie. Elle tria à nouveau par la suite pour ne pas trop se charger. Elle emporta finalement le strict minimum au niveau des armes, c’est-à-dire une épée, deux dagues. L’arc lui parut être une mauvaise idée, elle pourrait décocher une flèche au grand maximum s’ils devaient se faire prendre en embuscade. Quant à l’épieu de chasse, il ne conviendrait pour aucun rôle. Elle plia minutieusement une tenue vieillie aux coutures fanées mais plus richement ornée que celle d’un novice et surtout à sa taille. Elle doutait fort qu’à la garnison, ils aient de quoi habiller une kaldorei sans aller dans le ridicule. Il n’y avait plus qu’à rajouter quelques pièces d’armures pour faire un garde et le tour était joué.

Le plus intéressant se trouvait dans un tiroir de son bureau, là où elle gardait les préparations plus ou moins nocives. Un ou deux onguents basiques, sa réserve de poison paralysant qui se réduisait à trois doses ainsi que son antidote au cas où l’arme se retournerait contre eux, et surtout la poudre aveuglante, plus perfide encore que le sable. Son utilisation était simple, il suffisait de la jeter aux yeux des importuns, aussi elle en distribuerait aux autres avant de commencer la traque.

Elle ne trouva pas grand-chose dans ses affaires, le plus utile après ce qu’elle avait trouvé restait un imposant traité d’héraldique en guise de gourdin. Sauf qu’elle ne tenait pas vraiment à sacrifier la couverture pour un malandrin qui ne devait pas être bien dangereux pour qu’un groupe aussi hétéroclite et peu soudé que le leur aille lui donner une correction. Le sac rempli, elle n’oublia pas de laisser une lettre à Galaad pour qu’il ne s’inquiète pas de son absence imprévue. Ceci étant fait, elle partit chercher Praeses aux écuries et se mit en route sans tarder.

Elle préférait de loin arriver dans la nuit plutôt que de devoir partir avant que le jour ne se lève. L’elfe arriva sans encombres jusqu’à la garnison où l’on fut étonné de la voir arriver à une heure pareille. Le sergent ne put se retenir de la regarder avec des yeux de merlan frit. Il lui indiqua tout de même une chambre où régnait un fouillis innommable – cela expliquait certainement son soulagement quand il les avait vus repartir pour assister à l’assemblée du mois. Elle se leva avec le soleil malgré sa nuit écourtée. Après un solide petit déjeuner, elle revêtit la tenue qu’elle avait emportée, voulant s’en tenir au rôle de cocher. Il suffirait d’atteler Praeses à une autre bête qu’il supportait voire appréciait, et elle n’aurait pas ou peu de problèmes pour contrôler l’attelage. C’était en tous cas plus facile que de trouver un casque ou un camail qui laisse passer ses oreilles, désavantage d’avoir une excellente ouïe. Au final, elle attendait les autres pour fignoler un plan. Elle avait son rôle, elle avait la poudre, le poison. Elle n’avait pas d’autres idées pour le moment.

Des criminels à arrêter ? Voilà rien de nouveau, mais cette fois ci, le caporal Hipolite Sankol espérait bien qu’on l’attrape vivant, de plus le Sergent avait révélé que ce n’était qu’un voyou, un voleur sans envergure.

Dès lors Hipolite repris son vieux Lance-Filet qu’il avait mis au point il y a longtemps. Cet appareil se charge avec une sorte de grosse cartouche comprenant un filet aux mailles solide qui, à la détonation, s’ouvre en grand pour piéger la cible. En modifiant le système de déclenchement, en recoupant le canon, et après plusieurs autre réglage il obtenait une précision et une rapidité de tire plus importante. Autre invention qui allait connaître des modifications, le Rayon-Mortel. Initialement conçu pour projeter de l’énergie pure sur une cible, lui occasionnant dans de lourdes blessures, Hipolite pris plusieurs heures pour tester et régler correctement le rayon. Il fit l’essai sur un des rats qui grouillaient dans l’entrepôt, ils n’étaient pas difficile à prendre pour cibles, ces bestioles sont tellement gavées de grains qu’elles ne peuvent plus courir !

   

En joug, le Caporal appuya sur un bouton rouge latéral et le fusil se mit à vibrer, puis à luire d’une couleur mauve, enfin chargé il appuya sur la gâchette et là, un rayon mauve et bleu fonça sur le rat qui, sur le coup, ne réagit pas. Hipolite garda le sourire, et baissa son rayon qui fumait légèrement. L’animal restait là sans bouger, en s’approchant le Caporal le prit dans ses mains, il était rigide, pétrifié ! Mais heureusement, il respirait normalement et était conscient. Il le reposa par terre et se prépara à lui tirer dessus, mais à la différence qu'il appuierait sur le bouton vert latéral. Ce coup redonna au gros rat sa motricité, et malgré son embonpoint il prit ses pattes à son cou !

Il faisait frisquet dans la pièce mais Anna Lisbeth Cendrelac n'y faisait guère attention. Une masse prête à l'emploi au cas où, des habits plus confortables.

Tandis que la novice Elenwë semblait de fort bonne humeur, Anna Lisbeth ne laissait rien transparaître. Mutisme, silence et humeur égale.

A un moment, elle observa ses mains d'où émanait un halo lumineux. Un léger sourire bienveillant éclaira son visage juvénile, "Mon unique arme, ma meilleure alliée en ce monde"... Initiée aux arcanes, elle fera en sorte que cela serve.

Elle soignera si besoin.

Elle partit prier comme à l'accoutumée en attendant le départ.

 

Mirâge arriva à Comté-du-Lac peu de temps après ses trois compagnons de missions, seul semblait manquer le lieutenant Von Milabrega, étrangement absente mais surtout silencieuse depuis la prise de connaissance de leur objectif.

Chacun avait apparemment préparé dans son coin. Après avoir saluée ses camarades, Mirâge se dirigea vers la diligence, bien à l'écart dans un coin, loin des regards indiscrets pour pouvoir peaufiner leurs préparatifs. La jeune naine, tout de noir vêtue, deux longues épées à la ceinture, son éternel poignard dans le dos, sorti de son sac en laine les sangles de cuir qu'elle avait fabriqué. Elle les fixa sous l'attelage solidement. "J'me cacherai là pendant le trajet comme ça j'pourrai surprendre l'ennemi en cas d'attaque" dit-elle à voix basse. Ensuite, Mirâge ajusta son foulard sur son visage, plus pour se protéger de la poussière que pour camoufler ses traits et se mit en place sous le chariot, a l'abri des regards.

   

Dans l'attente du départ, la gamine laissa ses pensées vagabonder. "Observer, réfléchir, agir"...  Tout semblait aller mais pourquoi user d'un tel stratagème, un faux convoi, pour un vaurien comme l'avait dit l'officier? Pourquoi tant d'effort pour un simple voleur alors que l'armée en place à Comté du Lac auraient pu faire l'affaire? Et pourquoi eux, d'ailleurs?

Gehenne von Milabrega était non loin de là depuis le début, attendant que chaque membre de l'expédition arrive. Habillée comme un simple soldat du Comté-du-Lac, tous étaient passé devant elle sans même la voir. Au moins, si eux ne la reconnaissaient pas, personne ne le pourrait.

Elle attendit un peu encore avant de se révéler à eux. En les attendant, elle avait demandé à ce que les modifications proposées par le Prétorien Sankol soient effectués. Elle fit signe aux deux soldats à côté d'elle de la suivre. Un autre, habillé en cocher, les suivit de prêt. Trois membres de sa maison, sa garde rapprochée, habitués à protéger l'ex Inquisitrice contre tout danger.

Elle retira son heaume en s'approchant du groupe et hocha vaguement la tête en guise de salut.

 Chapitre III

Le lendemain matin, le groupe d'aarkoniens put enfin faire partir le faux convoi en direction du sud des Carmines. Le convoi sillonna les routes pendant trois heures sans le moindre heurt. Les passants s’écartaient de la diligence, tous ayant l’air de penser qu’il s’agissait de la diligence d’un véritable officiel.
Puis en toute fin de matinée, alors que le petit convoi était engagé au détour d'une colline, un petit groupe d’hommes sortit de derrière les arbres, pendant que deux d’entre eux surgissaient de sous des feuilles mortes. Au déclenchement de l’assaut, l’un des bandits, tout de noir vêtu, encouraga ses compagnons. Puis, avant d’attaquer à son tour, il cria à l’attention du convoi : " Point de salut pour les corrompus ! A bas les traîtres ! Vive le Peuple ! "

Elenwë Alquàirë fit tournoyer devant elle ses dagues et afficha un sourire déterminé, les piégés n'étaient pas ceux que l'on pouvait croire ! Il avait bien semblé que quelque chose d'anormal se préparait au Caporal Hipolite Sankol ! En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, le militaire était en position, prêt à en découdre. Le  coeur Anna Lisbeth Cendrelac bas la chamade, l'action va commencer, elle n'y est pas aguerrie. Ses jambes flagellent un peu, mais elle se ressaisit rapidement, les aarkoniens ont besoin d'elle. "Observer, réfléchir, agir". Là, en l'occurrence, Mirâge avait oublié une étape dans sa stratégie. Accroché depuis trois bonnes heures sous le chariot, son dos la faisait souffrir et son masque ne la protégeait  pas suffisamment de la poussière, elle en avait pleins les yeux. Le Lieutenant Gehenne von Milabrega était déjà en plein combat. En ni une ni deux, elle repoussa l'assaut de l'un des embusqués, si les autres aarkoniens faisaient pareil, ils auraient mis les assaillants hors d'état de nuire en deux temps trois mouvements.

Le combat battait son plein. Elenwë Alquàirë avait un peu de mal, ses gestes ne furent pas très académiques, mais elle prit finalement le dessus sur l'assaillant. Le Caporal Hipolite Sankol est en moins bonne posture. Son adversaire n'est pourtant pas un colosse, mais il est agile, le caporal est obligé de reculer. Aveuglée par la poussière, une sangle lui déchirant la cuisse, Mirâge resta quelques minutes sans réagir. Et si elle n'arrivait pas à rompre ses liens? Et si les brigands mettaient le feu au chariot et qu'elle cramait vive? Ses élucubrations se dissipèrent enfin, le combat faisait rage autour du convoi. Les aarkoniens semblaient s'en sortir quand la jeune naine réussit à s'extraire de ses sangles. Elle glissa à terre, roula sur le coté et entra dans la danse de lames faisant fureur autour d'elle. Elle s'y engagea mais sans entrain, sans certitude, quelque chose ne tournait pas rond dans cette farce. Elle posa les yeux sur les protagonistes autour d'elle, cherchant du regard le dénommé « Vengeur ».

Réalisant qu’il était tombé dans un piège, le Vengeur se battit vaillamment, et cria à l’attention des aarkoniens :"L’armée est gangrenée par les cafards !"

Le  coeur Anna Lisbeth Cendrelac bas la chamade, l'action va commencer, elle n'y est pas aguerrie. Ses jambes flagellent un peu, mais elle se ressaisit rapidement, les aarkoniens ont besoin d'elle. "Observer, réfléchir, agir". Là, en l'occurrence, Mirâge avait oublié une étape dans sa stratégie. Accroché depuis trois bonnes heures sous le chariot, son dos la faisait souffrir et son masque ne la protégeait  pas suffisamment de la poussière, elle en avait pleins les yeux. Le Lieutenant Gehenne von Milabrega n'avait pas de difficultés face à ses adversaires, sa technique était très nettement supérieur à la leur. On ne compta ni les minutes ni les secondes... Un coup par là, une esquive de l'autre mais c'est Anna Lisbeth Cendrelac qui se retrouva face au vil voleur qui finit par tenter de s'échapper. Elle le coursa, masse en main mais ce furent le sergent Willehalm et ses hommes qui le rattrapèrent... le Sergent les avait suivi, de loin, et avait anticipé la fuite du « Vengeur ». Le gredin capturé, le sergent ne cacha pas sa satisfaction d'avoir leurré non seulement le « Vengeur » mais aussi les aarkoniens. Ses hommes lâchèrent des commentaires peu aimables à l'encontre de la petite troupe.

Le « Vengeur » était si jeune quand son visage apparût... Si jeune et si vaillant, mais nul droit de parler. Il se mura dans un profond silence à la vue du Sergent Willehalm et ne répondit pas aux railleries des soldats et aux questions qu'on lui posait, les Aarkoniens étaient bien mal pris pour l'approcher... Ils n'eurent pas le temps de poser la moindre question. Le captif fut conduit à la caserne de Comté-du-Lac, sous l'étroite surveillance des hommes du Sergent, pour y être questionné par Willehalm en personne.

Anna était curieuse, ce visage aux traits juvéniles presque beau sans ces tâches de boue et de terre qui le souillait... La jeunesse et ses idéaux. Oui, il est vrai que les jeunes filles telle qu'Anna se mettaient aisément à rêver de mauvais garçons alors qu'elles se devaient d'être des jeunes femmes angéliques et parfaites, mais cela s'arrêta là. Elle aurait juste voulu lui parler, en savoir plus. Mais cela ne fut pas possible. Les aarkoniens avaient fait de leur mieux même si, au fond, un vague relent d'échec se faisait ressentir... Mais serait-ce bien la dernière fois qu'ils entendraient parler du « Vengeur »...

HRP - Précisions sur l'état de l'anim : Le groupe d'Aarkoniens est rentré à Hurlevent, un peu bredouille. Le Sergent Willehalm surveillait étroitement le prisonnier, toujours muré dans le silence.

HRP - Action du Chapitre III - Ci-dessous, trouvez les résultats des jets de dés des aarkoniens, reportez vous au lien "random" si vous êtes curieux de savoir à quoi cela correspondait dans le panel possible d'actions.

Résultat du jet

/random01 sur 10

/random02 sur 10

/random03 sur 3

 Gehenne Milabrega 8 7  
 Hipolite Sankol 9 3  
 Anaryane L. Cendrelac 4 7 0
 Elenwë Alquàirë 7+2 4+1  
 Mirâge 2 6  

 Chapitre IV

Les trois Novices papotaient gaiement près du parc d'Hurlevent lorsque Anna Lisbeth Cendrelac se souvint qu'elle avait oublié d'acheter du lait. Tout le monde sait qu'un gâteau sans lait, ce n'est pas un gâteau même si la jeune femme n'était pas très à l'aise dans une cuisine et qu'elle ratait la plupart de ses essais mais ça, c'est une autre histoire. Ni une ni deux, elle prit le chemin de la vieille ville suivie de Debörah ainsi que de la nouvelle recrue, Kïmmi de son prénom. Elle espérait qu'on lui en fournirait sur place. Le cuisinier qui s'occupait des fourneaux de l'auberge "Au cochon siffleur", avait toujours ce qu'il fallait sous la main le cas échéant. Naturellement, Anna sortit divers parchemins avec les ingrédients requis dessus pour un cake à la carotte et aux noix... Son péché mignon ! C'est bien au moment où la serveuse partit chercher ce que les clientes lui demandèrent qu'une jeune femme de son age les interpella : " C'est vous qui avez participé à l'arrestation, n'est-ce pas ? "

Le visage d'Anna devint blême. Elle savait pertinemment qu'il ne fallait pas parler de cette affaire mais elle ne put s'empêcher d'acquiescer. La jeune femme proposa à son interlocutrice d'aller dehors pour en discuter tandis que cette dernière semblait sombrer dans une tristesse profonde... Les larmes paraissant intarissables. "
Késiam, que vous connaissez sous le nom du Vengeur, est mon fiancé. Oh, bien sûr, il a certes très mal agi, mais il faisait ça pour une bonne raison… ce sont les circonstances qui l’ont poussées à agir de la sorte ; Il y a quelques semaines, Gus, le frère de Késiam, a découvert une affaire louche. Gus était soldat à la caserne et il aurait découvert un trafic organisé par les soldats. Il a bien prévenu son supérieur, mais celui-ci, certainement impliqué dans le trafic, a assassiné mon malheureux beau-frère. Késiam fut témoin de la scène, et il a vu le meurtrier de son frère : il s’agit du Sergent Willehalm ! Depuis, il n’a plus confiance dans l’Armée et cherche à se venger lui-même de Willehalm. Vous savez, Késiam n’est pas un mauvais garçon. Oh, s’il vous plaît, faites quelques chose pour lui, je vous en supplie ! ".

Ce qu'Anna apprit alors dénoua au fond d'elle cette rancune vivace qu'elle entretenait contre le Sergent Willehalm. Outre qu'il soit un alcoolique doublé d'un porc avec divers vices qui feraient rougir certainement les plus chastes personnes, il était également un assassin mais aussi un trafiquant d'armes. De la jeune épouse, elle apprit encore que, tous les soirs ou presque, le Sergent était à l'auberge pour assouvir chacun de ses vices. C'était une information qui pourrait les aider. Anna Lisbeth promit d'apporter son aide et de venir très prochainement aux Carmines... Malgré tout, il fallait prévoir un plan et donc prévenir certains Aarkoniens. A

A son arrivée aux Carmines, les cieux en furie poussaient avec des souffles puissants un amas de nuages que perçaient les rayons du soleil. La poussière rouge du sol brûlé volait jusqu'à ses yeux, elle l' indisposa jusqu'à la ville où les murs la protégèrent. Les artisans faisaient déjà voltiger leurs outils sur leurs ouvrages tandis que les anciens s'étaient regroupés sur les pontons pour discuter en laissant flotter leurs lignes. Praeses resta devant l'auberge le temps qu'Elenwë Alquàirë loua une chambre et une place dans l'écurie pour sept jours, le maximum qu'elle se fixait. Rester plus longtemps, c'était risquer d'attirer encore plus l'attention.

L'attitude exécrable du Sergent Willehalm était resté en travers de la gorge du Lieutenant Gehenne von Milabrega. Comment avait il osé se comporter ainsi devant elle ? Elle voulait bien croire les paroles du Vengeur en voyant cette homme, la gangrène c'était lui. Et rien que d'y penser, cela lui avait donné la nausée. Nettoyant sa plume, elle avait regardé les trois courriers qu'elle avait écrit et les cacheta d'un air satisfait. Prise d'une quinte de toux, elle fit signe à Landro de les envoyer et elle sortit un petit flacon dont elle sirota une gorgée. Ces herbes médicinales ne la soigneraient pas, mais au moins, elles avaient l'avantage de faire cesser cette vilaine toux. Elle sollicitait l'accord de sa hiérarchie afin d'effectuer une visite de routine "surprise" auprès des garnisons. Elle sollicitait par la même occasion le droit de prendre toute décision disciplinaire à l'encontre de toute personne, y compris les gradés, ne respectant pas les Codes Militaires en vigueur. Elle obtint une réponse favorable du Maréchal de Vallon.

 Chapitre V

Elenwë Alquàirë avait pris le repas du midi en compagnie de ceux et celles qui travaillaient au milieu des manuscrits et des imprimés de la bibliothèque de Comté-du-Lac. Il lui fut alors aisé d’engager la conversation sur le thème de ce "Vengeur", bandit de petit chemin. Elle eut des avis variés à son propos avant d’en savoir plus sur ses activités, de la sympathie à l’indignation en passant par l’indifférence. Elle ne put apprendre quand le malandrin débuta ses activités, mais elle apprit qu'il ne s’en prenait qu’aux convois aarkoniens si on exceptait quelques témoignages d'habitants qui prétendaient que le hors-la-loi allait plus loin. Le trésor de la maison royale, les impôts de la ville, cela ne l’intéressait pas. De plus, quand ses attaques se soldaient par une victoire et un pillage en bonne et due forme, il ne tuait personne et ne gardait pas la totalité du butin pour lui. Il le distribuait en grande partie à ceux qui suaient chaque jour pour gagner de quoi se vêtir humblement et se nourrir juste assez pour tenir debout. La légende du bandit populaire qui lutte contre les riches tyrans pour aider les pauvres en somme. Dans ses recherches à la bibliothèque, Elenwë avait pu mettre la main sur les plans de la garnison, le schéma était ancré dans sa mémoire. Le rez-de-chaussée n'est qu'un lieu de passage mis à part le bureau et la chambre du sergent dans l'aile Est de la garnison. Les geôles se trouvent au sous-sol, les dortoirs à l'étage.

Hors des murs de la bibliothèque, Elenwë continua à mener son enquête auprès des citadins. Les plus loquaces furent les anciens qui se réunissaient au bord du lac pour discuter et éventuellement ferrer quelques poissons. Selon eux, cette histoire avait à voir avec la disparition des frères Vanpeter dont-ils n’avaient plus de nouvelles. Ils firent remarquer que, justement, ils s’étaient envolés quand le Vengeur commença à faire acte de brigandage. Gus et Késiam Vanpeter étaient relativement pauvres. Ce dernier possédait juste de quoi nourrir sa femme, Diama, et leurs trois enfants : une petite maison, un petit potager. Sur la terre sèche et rocailleuse des Carmines, les maraîchers ne faisaient pas fortune. Cela pouvait expliquer le départ de Késiam qui aidait ses proches autrement. Elenwë aurait pu avoir plus de renseignements via Diama, mais elle n'avait pas réussi à la trouver.

Lorsque l'elfe aborda avec des Aarkoniens le sujet de la garnison, elle ne compta pas le nombre de regards foudroyants qu’on lui lança ni de portes qui lui furent claquées au nez. Ce furent les seules réponses qu'elle obtint, doublées de la méfiance qu’on commença à avoir à son sujet. On discutait dans son dos. On alla même jusqu’à l’épier. Il fallait agir avant que l'effet de surprise ne soit complètement dissipé.

Vhangraad, le cousin aux relations douteuses du Lieutenant Gehenne von Milabrega, avait espionné pour elle la garnison Aarkonienne des Carmines. Cargaisons suspectes, heures exactes de toute livraison, allées et venues du simple rat au plus hauts gradés, lieu de détention des prévenus faisaient partie de la mission du cousin. Il devait également trouver tout ce qu'il pouvait sur le Sergent Willehalm. Après plusieurs jours de silence, Vhangraad retrouvait sa cousine. S'il lui paraissait toujours aussi exténuant, Gehenne détecta cependant chez lui une appréhension réelle. Elle dut user de menaces encore plus explicites qu'à l'accoutumée pour qu'il livre enfin le fruit de ses recherches. Il lui confia que dans le "milieu" on savait bien que quelque chose de louche se passait avec la garnison aarkoniennes des Carmines. Vhangraad parla de trafic d'armes, de détournement de fonds. Mais au profit de qui ? Sur cela, il assura que ses contacts se refusaient à en dire plus, arguant qu'ils y risquaient leur vie. Il mit d'ailleurs sa cousine en garde, et l'informa que le Sergent Willehalm avait des fréquentations qui n'hésitaient pas longtemps avant de se débarrasser du moindre gêneur.

Sur le Sergent, il avait d'abord appris que c'était un homme violent et rustre, sa cousine le remercia de l'information mais lui indiqua ironiquement qu'elle aurait aimé apprendre quelque chose qu'elle ignora. Agé d’une quarantaine d’années, le Sergent Willehalm était décrit comme le type même du soldat de carrière ayant roulé sa bosse. Vhangraad ajouta qu'il avait visiblement participé à la plupart des conflits majeurs aarkoniens, qu'il était issu d'une famille pauvre du Comté d'Artwendor mais qu'il aimait à laisser croire que son père avait fait fortune comme mercenaire du Roi. Il avait également appris que le défunt Sénateur Ogedeî lui avait rendu visite par le passé à plusieurs reprises. De haute stature, toujours bien droit (en public : en privé, il était plutôt affalé sur une bouteille de jus de myrtille), ses cheveux noirs étaient coupés courts et sa barbe égalisée avec soins. Malgré sa déchéance, grâce à son style soigné, Willehalm était parvenu à sauver les apparences et à faire bonne figure face à sa hiérarchie. Vhangraad  conclut en expliquant à sa cousine que, malgré les apparences et contre le bon-sens, le Sergent Willehalm était l'un des hommes les plus influents des Carmines, du moins l'était-il dans l'ombre.

Anna Lisbeth Cendrelac s'était fait un point d'honneur à informer le Major Aarkan de l'avancée de leur enquête. Mais elle avait rapidement compris qu'à défaut de preuves évidentes, la hiérarchie militaire se refuserait à compromettre un Officier. Il semblait également que l'affaire prenait de l'importance, bien des aarkoniens avaient désormais entendus parler du "Vengeur", et pas toujours par une description qui faisait de lui un criminel. A l'évidence, cela rendait le Sergent Willehalm nerveux et les aarkoniens qui se souciaient du sort du prisonnier pouvaient nourrir de réelles craintes quant à sa sécurité. Il paraissait de plus en plus évident aux aarkoniens qu'il faudrait agir sans tarder. Et c'est ce qu'ils firent, un peu dans l'urgence et avec le secours du hasard.

C'était l'avant-veille du transfert prévu du prisonnier à Hurlevent. Alors que les aarkoniens s'étaient réunis pour décider d'un plan d'action, ils furent informés que le Sergent Willehalm vidait sa troisième bouteille de jus de myrtille à l'auberge. Ils estimèrent que l'occasion devait être saisie. Ils se dirigèrent donc vers la garnison et y furent reçus par un appointé visiblement impressionné par le nombre et peu au courant des questions administratives. Il leur accorda s'en rechigner de pouvoir interroger le prisonnier.

Késiam était un jeune homme de taille moyenne plutôt robuste pour son âge et bien formé. Des mèches de ses cheveux blonds tombaient sur ses yeux d’un bleu azur et sa barbe naissante lui donnait un petit air charmant. Lorsqu'il comprit que les personnes qui lui faisaient face n'avaient rien à voir avec le Sergent Willehalm et que sa douce Diama leur avait accordé sa confiance, Késiam leur révèlera son histoire.

« Mon frère était soldat à la caserne. Nous vivions tous les deux dans le quartier nord de Comté-du-Lac, pas très très loin de la caserne d’ailleurs. Gus avait déjà remarqué qu’il n’y avait pas de patrouilles près de chez nous, mais ne s’était pas alarmé. Un jour, cependant, il surprit un étrange trafic, presque en face de notre maison. Il alerta alors son supérieur, l’immonde Sergent Willehalm. Ce dernier lui demanda de ne pas ébruiter l’affaire et lui donna rendez-vous devant la maison. Maudit soit notre confiance ! Gus a eu tort de ne pas avoir de soupçons sur cette curieuse façon de faire…Willehalm se rendit devant chez nous et y rencontra mon frère. Moi, j ’étais à l’intérieur, surveillant la rue depuis la fenêtre. Mon frère indiqua la maison devant laquelle il avait remarqué le trafic. Willehalm en profita pour le poignarder dans le dos… le fourbe ! Libérez-moi, que je lui règle son compte ! Ah…. Je suis sorti immédiatement lorsque j’ai vu mon frère se faire tuer par cette nuit d’orage… mais Willehalm était armé, je ne pouvais rien faire, j ’ai dû fuir... heureusement, j’ai pu le semer. »

Interrogé sur la nature du trafic, Késiam déclarera qu’il s’agissait de marchandises de contrebande, visiblement des armes destinées à la caserne étaient détournées. Des hommes qu'il n'avait jamais vu venait chercher la marchandise et repartaient vers le nord, en direction des montagnes. Un tel trafic, discret et organisé, ne peut impliquer qu’une organisation criminelle de bonne taille, capable de se payer les services d’un lieutenant de l’Armée. Car pour Késiam, il était clair que Willehalm était mêlé de près ou de loin au trafic. Une conviction que les aarkoniens partageaient indubitablement.

L'entretien avec Késiam tourna court lorsque la petite troupe d'Aarkoniens se rendit compte que le Sergent et ses hommes n'étaient plus loin. Ils promirent à Késiam de ne pas le laisser tomber et de faire éclater toute l'affaire au grand jour. Ils auraient pu aller provoquer directement Willehalm, mais celui-ci était un épéiste chevronné et surtout il bénéficiait de l’appui de ses hommes. Les Aarkoniens résolurent prudemment de faire remonter l’affaire aux oreilles de la hiérarchie militaire par le biais du Major Aarkan. Ils pourraient trouver appui auprès de la population locale pour semer le doute sur la réputation de Willehalm ; les gens de Comté-du-Lac n’aimaient pas trop le lieutenant mais le craignaient beaucoup. La pression populaire était cependant un moyen plus long et sûrement moins efficace de faire tomber Willehalm.

Lorsque le Major Aarkan les reçut, il se montrera surpris de leur visite. Il écouta cependant avec attention leur histoire. Lorsqu’ils eurent terminé, il leur tint le discours suivant : « Les accusations que vous portez sont graves. Il est évident que je prends vos commentaires très au sérieux, mais il est également difficile pour moi de croire, malgré quelques soupçons, qu’un des officiers de l’Armée peut être lié à un tel crime, et qui plus est mêlé à un sombre trafic d'armes au détriment de l'Aarkonie. Je vais donc me rendre à la caserne et vous allez m’accompagner ». Le Major Aarkan, accompagné de la petite troupe d'Aarkoniens et d’une douzaine de prétoriens, prit le chemin de la caserne du Sergent Willehalm.

Lorsque le Sergent Willehalm fut averti de l'arrivée de son supérieur direct, il sentit bien que ses affaires se gâtaient. Il venait à peine d'apprendre la visite de la veille au détenu. Il y avait fort à parier qu'ils étaient au courant de toute l'affaire. Willehalm était résolu : il se battrait avec l’énergie du désespoir. Il eu le temps de barricader la porte principale menant à son bureau afin de prendre la poudre d’escampette par une porte dérobée… mais il n'échappa pas aux aarkoniens qui l'attendaient en contre-bas de la garnison. Après avoir d'abord nié toutes les accusations, Willehalm cracha à terre et dégaina son sabre, seul contre trois, il fit quelques passes d'arme vaillantes, mais se trouva bientôt débordé et désarmé.

S'avouant vaincu, le pitoyable Sergent tomba à genoux, pleurant sur son sort : « Oh, pauvre de moi, jamais je n’aurai dû accepter de couvrir ce trafic… ». Les mains liées dans le dos, les Aarkoniens brûlaient de le questionner à ce sujet, mais il convenait de le faire en présence du Major Aarkan. Une mauvaise surprise les attendit lorsqu'ils entreprirent de remonter vers la garnison : depuis un toit, un tireur embusqué abattit Willehalm au moment où il allait faire des révélations ! Le carreau d’arbalète était empoisonné et la vie quitta le corps du Sergent avant qu'il n'ait eu le temps de sortir de sa bouche autre chose qu'une écume blanchâtre. Le tireur prit la fuite une fois son forfait accompli, les Aarkoniens purent à peine distinguer sa silhouette filer dans le vent...

HRP : L'anim "Une mission pour l'Armée" se termine donc ainsi. Je vous remercie d'y avoir participé et suis désolé de n'avoir pas pu la terminer en jeu comme initialement prévu. Ces événements seront suivis de réactions de la part des autorités aarkoniennes et initieront une suite. En vous remerciant encore.