Note
: Multi-event
impliquant certains
personnages précis
mais, plus largement,
l'ensemble du Duché.
HRP - Le
Compendium des Lames est un event qui s'amorce par plusieurs
petits scénarios. Chacun de ces scénarios est au départ réservé à
un personnage en particulier, qui décide ensuite de partager ses
informations, de déléguer ses taches ou au contraire d'agir seul
(devenant ainsi dans tous les cas pour les autres joueurs le
maître de jeu concernant sa partie et ce qu'il a trouvé). Les
scénarios ne sont pas tous liés entre eux, bien que l'avancement
de certains peut débloquer une situation dans un autre scénario.
Donatius
Le
Parchemin
de Feu
Les
couloirs
bruissaient
des
conversations
contenues.
On
murmurait
que le
Grand
Initié
était
au
plus
mal,
et la
rumeur
semblait
confirmée
par
l'absence
prolongée
du
guide
de l'Ordre
de la
Flamme
: nul
ne
l'avait
vu
depuis
plusieurs
jours.
Certains
parlaient
de
prophétie,
d'autres
de
déclin,
les
troisièmes
de
renouveau.
Personne
ne
savait
vraiment
de
quoi
il
retournait...
Dans
une
salle
aux
murs
de
vieilles
pierres
tapissées
d'étagères
remplies
de
rouleaux
de
parchemin,
un
jeune
page
guidait
un
vieil
homme
fatigué
à
travers
les
pupitres
désertés
et
poussiéreux
des
copistes.
Le
vieillard
se
redressa,
trouvant
une
inattendue
prestance
arrivé
près
de
l'étagère
où le
page
l'avait
mené.
Celui-ci
se
plaça
discrètement
en
retrait,
observant
son
maître
saisir
d'un
geste
lent
mais
précis
un
parchemin
qu'il
déroula
sur le
pupitre
le
plus
proche.
Le
rouleau
dévoila
un
unique
dessin
soigneusement
calligraphié
représentant
l'emblème
de la
Flamme.
Le
page
s'approcha
et il
lui
sembla
que le
symbole
était
fait
d'une
myriade
de
mots
minuscules.
Le
vieil
homme
passa
sa
main à
quelques
centimètres
du
parchemin
et les
mots
s'animèrent
tandis
qu'il
murmurait.
[...]
Cinq
jours
auparavant
Retournée
dans
ses
quartiers
au
sein
de
Malaky
après
son
entrevue
avec
le
Régent,
Nyx
de
Mariakale
ne
parvenait
pas à
trouver
le
sommeil.
Les
mots
de
Daarkan
Van
Kred
s’instillaient
dans
ses
pensées
comme
autant
de
piques
douloureuses
nourrissant
son
amertume
et la
plongeant
dans
le
doute.
La
dépendance
arcanique
la
tiraillait,
se
moquant
de son
corps
épuisé
pour
affoler
son
esprit.
Les
propos
échangés
avec
le
Général
Faeh
planaient
dans
sa
mémoire,
promesse
ou
menace
d’une
action
à
venir
pour
laquelle
elle
devait
se
décider.
N’y
tenant
plus
de se
tourner
dans
son
lit,
elle
rejeta
les
draps
d’un
geste
énergique
et
arpenta
sa
chambre
nerveusement.
Elle
finit
par
s’arrêter,
posant
son
regard
sur la
rose
sertie
dans
son
écrin,
rose
dont
l’éclat
terni
par
l’obscurité
lui
apparut
comme
un
mauvais
présage.
Elle
soupira,
indécise,
perdant
une
infime
seconde
toute
sa
prestance
et ne
paraissant,
à qui
l’aurait
vue en
cet
instant,
qu’une
enfant
perdue.
Un cri
aigu
et
lointain,
trop
bref
pour
ne pas
la
faire
douter
de son
existence
mais
trop
réel
pour
la
faire
l’ignorer,
la
tira
de son
hébètement.
Les
murs
des
quartiers
malakiens
n’étaient
pas en
carton-pâte,
aussi
pour
se
frayer
jusqu’à
sa
chambre
le cri
n’était
pas
parti
de
bien
loin.
Nyx
songea
intuitivement
à la
Cardinale,
dont
les
appartements
jouxtaient
les
siens.
Son
intuition
fut
confirmée
lorsqu’on
tambourina
à la
porte
et que
la
voix
de la
Cardinale
se
glissa
affolée
dans
les
appartements.
Enfermée
dans
le
coffret
scellé
par la
Grande
Ordonnatrice,
la
sphère
se mit
à
briller,
les
flux
arcaniques
qu'elle
contenait
se
mettant
à
pulser
et à
s'agiter
en
réponse
à un
appel
lointain.
Quelques
minutes
plus
tard
une
ombre
se
glissa
dans
le
bureau
de la
Cardinale
de
Rougemont
où
avait
été
rapatrié
le
coffret
pendant
l'absence
de
Nyx de
Mariakale
et où
il se
trouvait
toujours.
La
silhouette
vêtue
de
sombre
posa
des
mains
larges
sur la
porte
fermée
du
placard
qui
abritait
le
coffret,
l'arrachant
comme
une
vulgaire
cloison
de
papier
tandis
qu'un
éclair
bleuté
fulgurant
parcourait
ses
doigts.
La
sphère
laissa
échapper
des
flux
arcaniques
qui se
glissèrent
sournoisement
à
l'intérieur
du
sceau
magique
et le
défirent
patiemment.
Une
fois
réduit
à
néant,
il
libéra
le
couvercle
du
coffret
qui se
souleva
tandis
que la
sphère
s’élevait
lentement,
brillant
plus
fort
et
environnée
d’éclairs.
La
silhouette
laissa
échapper
un
sourire
narquois
tandis
qu’elle
tendait
une
main
ouverte
dans
la
paume
de
laquelle
vint
se
blottir
la
sphère.
Puis
tant
l’artefact
que
celui
qui
l’avait
récupéré
s’évaporèrent.
Le
Général
Jonathan
prit
connaissance
de la
note
apportée
par le
coursier
qui
reprenait
son
souffle
à côté
en
attendant
de
recevoir
ses
nouveaux
ordres.
Il
avait
fait
un
long
chemin
depuis
le
nord,
et le
message
serait
arrivé
plus
vite
en
suivant
d'autres
voies
que
celle
d'un
parchemin
transporté
par un
soldat.
Mais
Thadius
Grimshade,
le
rédacteur
de la
missive,
nourrissait
depuis
peu
certaines
appréhensions
quant
à
l'utilisation
de la
magie
dans
les
environs
immédiats
de la
Porte
des
Ténèbres.
Le
Général
Jonathan
enroula
le
parchemin,
le
front
soudain
soucieux.
Il
s'adressa
au
coursier
d'un
ton
autoritaire
: "Allez
me
quérir
le
Major
Samuelson,
j'ai
des
ordres
de
mission
à lui
transmettre."
[...]
[...]
Le
Major
Samuelson
se
racla
la
gorge
et
bomba
le
torse,
vérifiant
sa
tenue
avec
minutie.
Il
était
particulièrement
mal à
l'aise
quand
il
devait
transmettre
des
ordres
de
mission
à des
militaires
plus
haut
gradé
que
lui.
Brachyoure
Faeh
n'était
peut-être
pas un
officier
de
l'armée
de
Hurlevent,
il
n'en
demeurait
pas
moins
général
et
n'avait
pas
manqué
de
s'illustrer
bon
nombre
de
fois.
On le
disait
peu
diplomate...
L'aide
de
camp
du
Général
Faeh
ressortit
du
bureau
de ce
dernier
et
invita
le
major
à
entrer.
Celui-ci
inspira
et
avança
d'un
pas
décidé.
Une
fois
entré
dans
la
pièce,
le
major
Samuelson
ne
s'attarda
pas à
la
détailler
et
effectua
immédiatement
un
salut
militaire
impeccable
: "
Mon
Général,
mes
respects.
J'ai
ici un
ordre
de
mission
émanant
du
Général
Jonathan.
"
Le
militaire
tendit
le
parchemin
au
chef
de la
Maison
de
Wernoriae.
Celui-ci
rangea
sa
plume,
referma
un
dossier,
maugréa
en
observant
son
bureau
couvert
de
paperasse
et
prit
connaissance
de la
missive
tandis
que le
major
Samuelson
restait
au
garde-à-vous.
Hurlevent,
7er
jour
du
Ier
Grand
Cycle
de
l’An
XXVII
A
l’attention
du
Général
Brachyoure
Faeh
Général Faeh,
Les environs immédiats de la Porte des Ténèbres connaissent une recrudescence d'activités inquiétantes. Les autorités de Rempart-du-Néant ont signalé une agressivité décuplée des créatures démoniaques à proximité ainsi que plusieurs tentatives de démonistes pour ouvrir à nouveau la Porte. Ces tentatives sont fort heureusement restées infructueuses mais font partie d'un faisceau d'éléments nous enjoignant à prendre des mesures.
S'il devait se produire quelque chose de néfaste dans les Terres Foudroyées, Rempart-du-Néant se retrouverait isolée. La Maison des Nobles a décidé de confier aux troupes aarkoniennes l'établissement et la sécurisation d'une ligne de ravitaillement entre Sombre Comté et Rempart-du-Néant.
A ce titre vous avez pour ordre de rassembler un contingent aarkonien et d'établir dans un premier temps un camp de base au Défilé de Deuillevent et de faire un rapport complet sur les dangers menaçant la route entre Sombre Comté et les abords du Marais des Chagrins. Vous êtes libre d'engager ou non les combats que vous estimerez nécessaire, mais ne devez en aucun cas entamer une action pouvant mettre à mal la Trêve.
Jorge
se
précipita
vers
les
dossiers
en
flamme,
saisissant
au
passage
le
plaid
posé
sur le
fauteuil
où le
Sénateur
aimait
à
s'installer
pour
fumer
sa
pipe,
étouffant
le
brasier
de
gestes
rapides
et
experts.
Le feu
rapidement
éteint,
le
majordome
évalua
les
dégâts.
Les
flammes
n'avaient
pas eu
le
temps
de se
répandre,
détruisant
quelques
feuillets
à
peine.
Jorge
observa
la
bibliothèque
et les
nombreux
documents
éparpillés
dans
le
bureau
du
Sénateur,
bénissant
le
hasard
qui
l'avait
amené
ici
pour
faire
un peu
de
ménage
quelques
secondes
à
peine
après
le
début
de
l'embrasement.
S'il
n'était
pas
passé
à cet
instant,
c'est
sans
doute
les
quartiers
artwendoriens
qui
brûleraient
tout
entiers
à
présent.
Jorge
examina
l'emplacement
du
foyer,
se
demandant
ce qui
avait
pu le
provoquer.
Le
Sénateur
prenait
bien
soin
d'éteindre
sa
pipe à
chaque
fois
qu'il
la
déposait,
il ne
pouvait
donc
s'agir
de
cela.
Il
devait
bien y
avoir
une
raison...
L'elfe
monta
les
marches
quatre
à
quatre,
fit
irruption
dans
sa
chambre,
referma
prestement
la
porte,
s'adossa
à elle
et se
laissa
glisser
à
terre.
Ca ne
pouvait
pas
être
lui...
Si
tout
le
monde
connaissait
ses
méfaits
et
savait
comment
joindre
ses
sbires,
personne
ne
l'avait
jamais
vu.
Les
gens
lui
donnaient
bien
des
apparences
en
narrant
dans
un
murmure
ses
sombres
exploits.
Ces
derniers
s'étaient
soudain
arrêtés
et il
était
depuis
devenu
une
légende.
Prend
garde
à toi,
car il
rôde
toujours...
De ces
temps
embrasés
et
lointains,
seule
une
enfant
rescapée
d'un
massacre
gardait
le
souvenir.
Souvenir
d'un
visage
qu'elle
était
la
seule
à
connaître,
dont
elle
pensait
en
toute
logique
qu'il
avait
fini
par
rejoindre
les
cendres
innombrables
parsemant
sa
route.
Un
visage
qu'elle
venait
de
voir à
nouveau,
identique,
inchangé.
Elle
ne
savait
pas
quoi
faire,
mais
elle
était
sûre
d'une
chose
: elle
trouverait
un
moyen
de le
faire
juger
pour
ses
crimes.
Baie-du-Butin,
9ème
jour
du
Ier
GC
de
l'An
XXVII
Officier Edhelnesria,
J'ai reçu ce jour la plainte d'une elfe résidant à Baie-du-Butin concernant des crimes commis dans ma juridiction et dont l'instigateur est un Aarkonien. Les faits se sont déroulés il y a plusieurs décennies mais, notre justice ne connaissant pas le principe de prescription, je compte rapidement mener un procès sur les chefs d'inculpation suivants :
- dégradations matérielles
- violations de propriété
- vols
- violences physiques et tortures
- assassinats avec préméditation
Je vous demande de me livrer séance tenante l'accusé, le sieur Donatius de Sergovie, afin que je puisse juger cette affaire rondement.
Premier Officier Crazz
Le
gobelin
afficha
un
rictus
satisfait,
certain
d'avoir
produit
la
plus
brillante
lettre
de sa
carrière.
S'il
accordait
à
cette
elfe
qu'elle
ait pu
survivre
au
massacre
de sa
famille,
il
doutait
sérieusement
de sa
santé
mentale
quand
elle
accusait
cet
Aarkonien
d'être
le
meurtrier.
Crazz
essaya
de
compter
sur
ses
doigts
mais
finit
par
perdre
le
fil.
Il
décida
que le
temps
écoulé
était
trop
important
depuis
les
crimes
pour
que
l'humain
qui
les
avait
commis
soit
encore
en
vie.
Dans
la
foulée,
il
décida
également
qu'il
rajouterait
une
belle
ligne
à ses
états
de
service
: de
Sergovie..
faire
exécuter
un de
la
haute,
c'était
montrer
qu'on
en
avait.
Une
affaire
rondement
menée...
La mer
se
jetait
rageuse
sur la
saillie
que
formait
la
fortification,
lointain
reflet
de la
colère
qui
habitait
Laewellyn.
Soriganië
avait
été
enlevée
à
l'amour
qu'il
lui
portait
par un
vulgaire
humain,
un
être
sans
coeur
au
passé
rempli
d'actes
horribles.
Elle
l'avait
aimé,
secouru,
protégé...
et
quand
le
moment
était
venu
pour
lui de
le lui
rendre,
il
l'avait
laissée
sombrer.
Maudit
soit
son
nom !
Et
qu'avait-il
fait
ensuite
en se
rendant
compte
de son
ignoble
geste
? Un
autre
geste,
plus
ignoble
encore,
la
condamnant
à des
tourments
sans
fin
elle
qui
avait
reçu
le
repos
de
l'âme.
Qui
sait
où ses
sombres
manigances
l'avait
menée
? Il
se
targuait
de
l'aimer
toujours,
de
vouloir
la
sauver...
qu'avait-il
fait
pour
le
prouver
?
Avait-il
seulement
essayé
? Et
maintenant
il
recommençait
avec
une
autre,
ayant
déjà
oublié
ses
crimes.
"Donatius,
cette
fois
je ne
te
laisserai
pas
faire."
Laewellyn
adressa
un
point
vengeur
à
l'horizon.
Laewellyn
cacheta
le pli
avec
une
moue
satisfaite.
Il
connaissait
le nom
de la
femme,
il
savait
où
envoyer
la
missive
pour
qu'elle
la
reçoive
rapidement.
Inhabituelle
imprudence
de
Donatius,
il
avait
fait
transiter
sa
correspondance
par
l'officine
de
l'elfe
pendant
les
quelques
jours
où il
s'était
rendu
à
Baie-du-Butin
il y a
deux
cycles.
Soi-disant
pour
remonter
une
piste
menant
à
Nephren,
piste
qu'il
avait
aussitôt
abandonnée
pour
répondre
à
l'appel
de sa
nouvelle
lubie,
énième
preuve
de son
désintérêt
du
sort
de
Soriganië.
Il
avait
pris
connaissance
des
mots
échangés
par
les
deux
amants
dans
leurs
lettres
et
s'en
était
servi
pour
éveiller
par
quelques
phrases
sibyllines
la
curiosité
de
celle
qu'il
souhaitait
rencontrer.
Dame Théodora,
Si votre cher amant vous demeure inconnu, la faute n'en revient pas à votre défaillante mémoire mais à son coupable silence. Cet homme ne vous aime pas, a-t-il seulement aimé d'ailleurs ? Pour avoir récupéré une cargaison m'appartenant dérobée par Kurzen vous connaissez le symbole de mon officine à Baie-du-Butin. Je lèverai les brumes du passé.