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Vous trouverez
ci-dessous le récit en
trois chapitres de
l'épreuve qui affecta
le Commandant de la
Milice Kabuga de Bosk,
qui, sans l'appui de
l'Aarkonie entière,
aurait pu succomber
dans d'atroces
souffrances suite à
une attaque ourdie par
les ennemis du Duché.
Ce document réunit un
ensemble d'archives
éclairant la
succession des
événements. Nous
débuterons ce récit,
pour en quelque sorte
"poser le tableau",
par la lecture d'un
document qui fut
retrouvé dans la
demeure délabrée qui
servit de gîte à l'une
des principale
protagoniste de cette
histoire. Cette
morte-vivante, car il
s'agit bien ici des
agissements de l'une
de ces créatures,
semble être, ou avoir
été, une éclaireuse au
service d'un ordre
puissant... voici ce
qu'elle écrit, à la
troisième personne,
dans ce style
particulier à ceux de
sa race, et qui initie
ce sombre chapitre...
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[...Document
d'archive trouvé dans la tanière
de sa rédactrice...]
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Elle ouvrit les yeux, mais n’osa
pas bouger. Elle entendait
distinctement plusieurs voix à
proximité. Amis ou ennemis ?
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Lentement, elle sentait ses
forces revenir. Elle chercha à
se remémorer pourquoi elle
gisait ainsi au sol. Un pont…
oui il y avait un pont. Un homme
et une femme… peut-être même un
elfe… c’était encore brumeux
dans son esprit. Des images
revenaient par saccade. D’abord
incohérentes, elles finirent par
s’emboîter, retraçant le fil de
la soirée. D’abord, il y avait
eu cette femme. Oui… elle
l’avait suivi de loin. Depuis,
qu’elle était sortie de Menethil,
elle ne l’avait pas quittée.
Observant le moindre de ses
gestes et jaugeant de sa
puissance, elle avait fini par
trop s‘approcher et su
rapidement qu’elle avait été
repérée. Un mince rictus se
dessina sur son visage. Elle
revoyait la femme paniquer et
courir le long de la plage pour
rejoindre la ville.
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Lorsqu'elle avait vu le
Régent, quelques jours
auparavant, il n'avait pas
fui. Il avait juste
préféré rejoindre les
ombres et elle l'avait
respecté pour cela.
L'autre guerrier qu'elle
avait alors retrouvé plus
tard dans la même
après-midi, n'avait quant
à lui pas eu le courage de
quitter ses amis. Puis,
elle avait attendu
longtemps, dissimulée
derrière un de ces arbres
immenses qui encadraient
la route devant l’entrée
du port.
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Le ballet des sentinelles
l’avait amusée jusqu’à ce qu’elle les voit.
Ils
étaient deux. L’homme devant, la
femme derrière, mais ce n‘était
pas la même que tout à l‘heure.
Ils marchaient d’un pas ferme et
décidé. Elle les avait suivi
sans se cacher. Sa précédente
expérience, lui avait montré la
terreur qu’elle exerçait sur les
humains…elle allait donc pouvoir
s’amuser avec ces deux là. Ces
deux là… oui, pas les autres.
Elle avait nettement reconnu le
symbole Aarkonien et une bouffée
de haine faillit la faire se
relever. Mais les voix étaient
toujours là et dans son état il
valait mieux ne pas se faire
remarquer.
Voilà, le pont. Elle sent qu’ils
s’inquiètent. L’odeur douceâtre
de la peur arrive jusqu’à elle,
tel le plus merveilleux des
arôme. Elle devine que l’homme
est belliqueux… la femme hésite
encore. Elle sue la peur.
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Elle était descendu de
son destrier
squelettique et s’était
approcher en ricanant.
Lançant clairement des
menaces à leur encontre.
Puis, elle avait
disparu.
Effectuant un habile
détour, elle était
maintenant dans leur
dos. Ils reculaient.
Leur démarche n’avait
plus rien de fière. D’un
pas rapide, elle
s’approcha du dos de la
femme, levant son épée,
elle lui avait assené un
coup avec la garde, pour
l’assommer.
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Elle avait alors planté
sa dague, ruisselante d’un poison particulièrement lent et
redoutable, dans le corps de l’homme. Mission accomplie.
La suite n’avait été qu’un
jeu. Même si elle avait du
s’éclipser, lorsque la femme
avait retrouvé ses esprits,
bien plus vite qu’elle ne
s’y attendait. Il faudrait
se méfier d’elle. Ha… voici
l’elfe. Il essaye
misérablement de se
dissimuler. Il ne sait pas
que la maîtresse des ombres
c’est elle. Un coup bien
placé et le voilà hors
combat. Elle cherche, alors,
les chairs tendres de la
femme, mais celle-ci lui
échappe. Un mauvais sourire
vînt sur ses lèvres fines et
pâles. Quel dommage…, sa
dague aurait tant aimé
fouiller des entrailles
chaudes. Elle se rappelle
ensuite la vague d’énergie
qui irradie son dos. Et le
silence.
Ces misérables humains
n’avaient pas d’honneur. Et
dire qu’ils se réclamaient
de la noblesse. Un bref
instant, elle se revit, dans
le château où la cour du Duc
représentait alors l’élite
de l’aristocratie
Aarkonienne. Jamais, un
homme de haute naissance
n’aurait accepté un combat
déloyal, sans être
discrédité et banni sur le
champ. Ceux là n’était donc
que des manants dans de
beaux habits de soie. Pauvre
Aarkonie. Pauvre régent. Il
croyait relever le Duché
avec ces gueux…
Les voix étaient toujours
là. Diverses intonations se
faisaient entendre. Combien
étaient-ils à présent ?
Elle prit son mal en
patience, et ce n’est que
tard dans la nuit que le
silence se fit enfin. Mais
ce n’était pas important. Le
délai lui avait permit de
récupérer totalement ses
forces. D’alimenter sa
haine. Et de laisser le
poison s’infiltrer au plus
profond du corps de l’homme.
Ils auraient d’autre
rencontres. Ils paieraient
tous, les uns après les
autres pour l’outrage fait à
sa Reine Noire. Bientôt,
elle pourrait se présenter
devant Sylvanas et lui
rendre le bijou, volé au
trésor royal de la Banshee...
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Ainsi donc
connaissons-nous le
point de vue de
l'assaillante. Mais
mue par le désir de
plaire à sa tyrannique
Reine, il y a fort à
parier que le récit ne
soit que trop à son
avantage. Découvrons
les bribes d'autres
écrits, lesquels nous
éclairerons plus
sûrement sur ce qui
est advenu ce jour
là... |
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[...Document
du fond d'archive de la
Famille Dourton, journal...] |
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Allongée sur le ventre dans
son lit,
Phaenan
ne parvenait pas à trouver
le sommeil. Fait
extraordinaire, elle n'avait
pas même eut envie d'avaler
un en-cas avant d'aller
dormir. Que son estomac
refuse de la nourriture et
que ses pensées lui
interdisent le sommeil...
une telle chose ne lui était
pas arrivée depuis aussi
longtemps que sa mauvaise
mémoire lui permettait de
s'en souvenir.
- « Quel calvaire !
», exagéra t'elle
inconsciemment en songeant
que cette bosse l'empêchait
de s'allonger sur le dos.
Cette pauvre âme ne l'avait
réellement pas manquée. Si
le Commandant semblait
conserver une vive douleur à
la cuisse, elle-même
passerait les prochains
jours avec une sacrée bosse.
La Magie de Sire
Kabuga
avait refermé la plaie de
son cuir chevelu, mais
étonnamment la douleur
persistait...
Mais ce n'était pas cette
douleur déplaisante qui
l'arrachait à son ordinaire
bon appétit, et encore moins
à son habituel sommeil de
plomb.
La peur.
Lors de son entrée dans la
Milice, elle avait énoncé ce
fait: Les combats et elles
font mauvais ménage. Non pas
par bonté d'âme! Simplement
car les situations
chaotiques lui sont
éprouvantes. La sensation de
ne plus avoir de prise sur
rien... Et quoi de plus
chargé d'imprévus qu'une
bataille?
Je passe mon temps à mettre
de l'ordre dans ma vie !.
Si Phaenan appréciait les
livres, le calme, les arts
reposants, ce n'était pas
innocent: cela révélait bien
au contraire son
tempérament. Même sa Magie
était à l'image de ce besoin
de contrôle, de sécurité. La
maîtrise des Arcanes, au
mépris de celle des
éléments. Une Magie brute,
éthérée, dont la stabilité
ne dépendait que de la
volonté du Mage. Aucun
élément perturbateur...
Le stress l'avait frappée
dès qu'elle avait aperçu
cette cavalière aussi
squelettique que sa monture.
Alors, seulement, elle
comprit la voix inquiète
qu'avait Dame
Nyx
en chuchotant dans le
communicateur un peu plus
tôt... Angoisse,
appréhension, anxiété...
Tandis que la Magicienne
faisait front auprès de son
Commandant, elle livrait
déjà un combat. Au fond
d'elle, contre tout son être
qui lui hurlait de s'enfuir
à l'abri des murs de
Ménéthil, à l'abri sous la
protection de gardes
entraînés. Mais avait-elle
eut le choix?
Dès qu'elle les avait
aperçu, cette créature
misérable s'était rapprochée
d'eux dans un ballet
sadique. Dans chacun de ses
rires, dans cette façon de
chevaucher en cercles autour
d'eux, Phaenan avait eu
l'impression de retrouver ce
qu'elle avait lu sur les
habitudes des démons; une
inhumanité les menant à ...
jouer avec leur proie.
L'image convenait. C'était
bien ainsi qu'elle avait
ressenti la situation, tant
sur l'instant qu'après coup.
Le tourment de se sentir à
la place d'une souris
amusant un chat.
- «
Nous requérons de l'aide au
plus vite !
»
La voix du Commandant, à
côté d'elle, résonna dans le
communicateur gnome, puis
dans l'esprit de Phaenan.
Bien qu'il essayait lui
aussi de se montrer maître
de lui, Sire Kabuga
ressentait lui aussi
visiblement cette frayeur.
Ce fut la dernière pensée
qu'elle eut tandis qu'elle
observait la créature. Puis
plus rien. La malheureuse
créature avait disparu.
Phaenan n'entendit même pas
les réponses des Miliciens.
Fouillant les ombres étirées
par ce soir de pleine lune,
la Magicienne avait
l'impression de se noyer
dans une eau noire.
Un choc brutal à l'arrière
du crâne.
Elle ne ressenti même pas la
douleur, vivant la scène
avec étonnant - mais total -
détachement. Sa conscience
arrachée à son corps, elle
eut juste un flash devant
les yeux avant qu'un voile
noir s'impose devant son
regard. Un cri de douleur
s'élevait dans la nuit, la
secouant un peu à son état;
poussée par un impérieux et
primitif instinct de survie,
son esprit s'anima.
Plusieurs secondes, une
éternité, s'écoulèrent,
durant lesquelles la
Magicienne essayait de
reprendre le contrôle de son
corps. Sans comprendre
comment, mettant cela au
crédit de sa volonté, elle y
était parvenue. Le reste...
Phaenan ne se souvenait plus
vraiment. Choquée,
terrifiée, hors d'elle, tout
ce qu'elle avait retenu de
la suite était une masse
d'énergie canalisée vers
cette chose qui les avait
assaillit.
Cela s'enfuyait; s'oubliant,
la Magicienne l'avait
poursuivi. Ce n'est qu'après
deux cents mètres de
poursuite qu'elle s'était
arrêtée, retrouvant un
semblant de lucidité.
Derrière elle, la voix du
Commandant, lui demandant de
revenir.
Ce qu'elle avait fait. Ils
étaient ensuite retournés
sur le pont du gué-de-pierre.
Là au moins, la Réprouvée ne
pouvait les surprendre que
sur deux flancs distincts...
Les minutes passèrent,
éprouvantes, durant
lesquelles Phaenan comprit
enfin que les voix des
Miliciens
Brachyoure
et
Alath
indiquaient que les deux
hommes faisaient de leur
mieux pour les rejoindre. La
peur lui déchira les
entrailles lorsqu'elle
entendit de nouveau des
sabots résonner sur la route
pavée des Paluns. La
créature était de retour, et
recommença son jeu sinistre.
Elfes, Gnomes et même
quelques Humains; plusieurs
passèrent à côté, et
pourtant la créature ne leur
accorda pas un instant
d'attention.
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Tremblante, Phaenan
comprit alors. Ceci
n'était en rien une
attaque menée au hasard.
Cette chose... Cela
avait décidé de les tuer
eux, et nul autre.
L'inquiétude de Dame Nyx
avait amenée le
Commandant à conseiller
à l'Adepte de la Flamme
de retourner entre les
murs de Ménéthil.
Phaenan, n'en doutait
désormais plus le moins
du monde; sauf
coïncidence phénoménale,
cette chose visait le
Duché... La voix de Sire
Alath parvint à ses
oreilles; le Kaldorei
arrivait en courant vers
eux. Immédiatement la
créature brisa sa ronde
autour d'elle et du
Commandant, cherchant à
englober le Milicien
dans son jeu. Main moite
crispée sur la poignée
de son épée pour se
donner du courage, la
Magicienne l'avait
suivi, décidée à ne pas
risquer de voir Sire
Alath affronter seul
cette infamie. Bientôt,
la Réprouvé se retrouva
encerclée; le combat
repris. L'adrénaline se
déversa dans le sang de
Phaenan, lui apportant
la même fébrilité qu'à
l'ordinaire; même des
heures plus tard, elle
ne parvenait toujours
pas à se souvenir du
déroulement du combat. |
La dague de la créature
l'avait blessée grièvement,
au point qu'elle avait avalé
le contenu d'une potion dans
un réflexe, puis... Rien. Sa
mémoire n'avait conservé que
la vue des pages et des
pages de runes et
d'incantations qu'elle avait
déversées pendant
l'affrontement.
Le combat avait été bref, et
la créature était tombée. De
tout ceux présents, aucun
n'avait lancé l'habituel "
Gloire et Noblesse ".
Phaenan ne s'était pas
exclamée "
Esarus thar no' Darador'
". Si elle ressentait
quelque chose après cet
affrontement, ce n'était ni
de la pitié, ni l'exaltation
de l'honneur, ni même de la
honte. Juste du soulagement.
Une créature infâme les
avait agressé, et elle avait
été libérée de son état
misérable après un combat.
Se soucie-t'on d'Honneur en
défendant sa vie contre un
raptor ou un lion ? Un seul
fait la tracassait. Le jour
même, elle avait levé la
main et l'Arcane contre la
Croisade Ecarlate; ce soir,
pourtant, elle se rendait
compte que ses propres
pensées n'étaient pas si
différentes des leurs. Pas
au sujet des Réprouvés, du
moins. Ces pauvres victimes
devaient être libérées de
leur état de non-vie...
Le Milicien Brachyoure était
arrivé ensuite; puis Dame
Nyx... La soirée avait été
légère et agréable. Le
Commandant avait tenu une
cérémonie à la gloire de la
Lumière, afin de plaider
pour le repos et la
rédemption de l'âme damnée
de leur assaillant. Mais la
peur ressentie par Phaenan
ne s'était pas dissipée pour
autant.
Elle n'était décidément pas
une femme de terrain. Elle
le savait depuis longtemps,
et chaque altercation
sanglante avec des êtres
brutaux se réclamant de la
Horde le lui rappelait...
Se levant dans un soupir, la
Magicienne alla chercher un
verre de lait glacé. Avec un
peu de chance, cela
calmerait sa faim, et elle
pourrait ainsi dormir...
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Le Guet-Apens
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L'Empoisonnement
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La Guérison |
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