Le bien-fondé du système hiérarchique.

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 Note : rendu dans le cadre de son examen de Prytanie, par Ankhaanë de Caïlhan.

 

"Fiers et arrogants, affables et mécènes ou cyniques et calculateurs, tels peuvent êtres les Nobles à la direction des affaires aarkoniennes. Mais leur rang nobiliaire leur assure le respect et l'obéissance de ceux dont ils ont la charge. Abus de pouvoir ? Les Tribunaux aarkoniens sont impartiaux et guidés par les nombreux textes législatifs ou coutumiers... tous peuvent y recourir, mais ils devront connaître les lois...Tout aarkonien, même de la plus basse extraction, dispose pourtant d'un terrible pouvoir : le bulletin de vote !"

 THESE : La hiérarchie permet l’efficacité.
 

Au sein d’une communauté, un système hiérarchique assure une bonne organisation. En effet, les personnes les plus qualifiées sont à la direction et usent de leur aptitude, de leur savoir-faire afin de diriger au mieux. Ainsi est évité le risque d’être régit par tout premier venu sachant combler ses incompétences par l’autorité. A l’inverse, les subalternes récemment intégrés ont tout loisir de prouver leur valeur, de mettre en évidence leur investissement par un dévouement sans faille. Qu’on leur donne des responsabilités, qu’ils y démontrent leurs talents, et ainsi ils pourront être promus. Des recrues de longue date, si elles restent passives et désintéressées de leurs devoirs, n’ont aucunement leur place à la tête des opérations. L’efficacité seule doit surélever les uns par rapport aux autres ; les compétents règnent, les nonchalants ne sont que subordonnés.

La hiérarchie permet à tout un chacun de trouver sa place, celle qui leur convient le mieux. Tout le monde n’a pas l’étoffe d’un dirigeant, certains excellent dans l’accomplissement d’une tâche enjointe mais ne serait pas aptes à conduire des troupes. Mais l’inverse ne peut se produire : une recrue récalcitrante rechignant à obtempérer, quelles que soient ses capacités, n’aura aucune chance d’être félicitée, moins encore gradée par ses supérieurs.

 
 ANTITHESE : La hiérarchie prive de camaraderie.

 

La hiérarchie entraîne une concurrence entre membre de la communauté, chacun cherche à se mettre en valeur aux dépens des lacunes, des erreurs des autres, tant est si bien que peu sont enclins à placer les relations amicales en tête de leurs priorité. La discipline stricte exclut les rapprochements entre rangs différents. Supérieurs et subalternes ne se mêlent pas, les mieux placés craignant un regard désapprobateur sur ce qui pourrait être considéré comme du favoritisme. Les subordonnés, sujets à l’autorité des hauts gradés se plient à leurs injonctions, qui sont parfois injustes, contraignantes selon les humeurs. De ce fait, une relation amicale entre une personne qui détient l’autorité sur l’autre ne se voit que rarement.

D’autre part, la camaraderie entre recrue n’est pas invraisemblable, seulement toute accointance est soumise à la précarité, puisque de manière inéluctable, l’un ou l’une recevra une promotion et à son tour leur sera supérieur. Qui plus est, la confiance n’est pas à donner facilement ; dans cette lutte pour gravir les échelons, peu ne saisiraient pas l’opportunité de se servir d’une bévue d’autrui afin de briller par leur propre rigueur.

 

 SYNTHESE : Compétence ou camaraderie ?

 

Au final, que doit-on privilégier ? La prospérité d’une communauté vient en grande partie de sa compétence à toute épreuve, d’une organisation harmonisée et les membres n’en perdent pas moins leur détermination. Dépourvue de hiérarchie, une association avancera soit par les efforts communs, un travail où chaque adhérent ajoute son grain de sable, soit par la concession du temps libre des membres les plus passionnés dans le but de pallier à l’insuffisance de l’activité de leurs pairs.

Dans chacune de ces situations, que les associés avancent main dans la main ou que certains traînent les autres péniblement, la communauté encourt les risques que la jalousie et la concurrence aient raison d’elle. Une amitié au sein de l’ordre, excluant la plupart des membres peut être source de méfiance de la part des autres qui craindraient de voir l’autorité revenir à quelqu’un. Tandis que la hiérarchie est un système carré qui ne prend en compte que la supériorité des uns sans état d’âme, oeuvrant pour la société et défiant, irritant les plus bas rangs afin qu’ils se surpassent.

Efficacité, camaraderie ? On peut en conclure que l’efficacité a un caractère prioritaire, de plus que les systèmes hiérarchiques sont en général plus stables de par le fait que tout membre est formé conformément aux besoins ; en conséquence la perte de l’un, aussi haut placé fut-il, est futile, voire dérisoire. Face à cet aspect d’autosuffisance, la rareté de sincère appréciation entre individus revêt une importance bien moindre, puisque toute vie sociale peut-être menée en dehors de la communauté. Donc, le système hiérarchique bannit l’incompétence et assure un groupe déterminé à aller au devant des difficultés, régentés par les plus efficaces tous niveaux confondus. Et si l’esprit est plus à la concurrence qu’aux liaisons amicales, cela ne s’arrête qu’à l’association et rien n’empêche de vivre différemment en dehors de son service.

Ankhaanë de Caïlhan

 

© Duché d'Aarkonie, auteur: Ankhaanë

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