Académie Palinka d'Alianis
 
 
 

 Présentation
 

L’Académie Palinka d’Alianis est une institution philanthropique aarkonienne. Son rôle est double : veiller à la conservation du patrimoine culturel aarkonien et accomplir des actes de mécénat dans le domaine des sciences et des arts. La première mission lui a été conférée dès l’origine par ses statuts. Pour s’en acquitter, l’Académie travaille à compiler textes et œuvres dans des domaines aussi variés que l’Histoire, la Littérature, les Sciences, les Arts, etc, pour en faire un patrimoine accessible à tout un chacun. La seconde mission - le mécénat -, non prévue à l’origine, a été rendue possible par les dons et legs qui lui ont été faits. L’Académie décerne ponctuellement diverses récompenses pour les œuvres présentées. En outre, elle procède à des appels d’offres réguliers sur des sujets précis et rétribue les auteurs pour leurs travaux. L’Académie attribue aussi des subventions à des sociétés littéraires ou savantes, des œuvres de bienfaisance, des aides à des familles nombreuses, aux veuves, aux personnes défavorisées ou qui se sont distinguées par l’accomplissement d’actes de dévouement ainsi qu’un certain nombre de bourses.

 

L'Académie Palinka d'Alianis vous propose notamment de devenir collaborateurs de l'Encyclopédie. En tant que tel, vous serez rétribué à hauteur de vos contributions [voir ci-dessous les conditions]. Vous pouvez également proposer tout article, tableau, récit (romancé, historique, ou les deux) concernant l'Aarkonie (attelez-vous à la biographie d'un Duc, décrivez un quartier de la Cité d'Aarkonia, donnez le récit d'une bataille épique ou d'une simple partie de chasse...)

 

 

L'ACADÉMIE PALINKA D'ALIANIS par Henrik de Manfroy

 

La vue extérieure

L’ombre précieuse qui s’étend sous les pieds de l’arrivant trouve naissance dans la bâtisse majestueuse qui s’érige devant lui. Celle-ci, imposante, réservée, semble dévisager chaque visiteur qui prétend vouloir l’investir. Les battants de l’énorme porte sont ouverts. Porte qui semble surveillée par les deux grandes fenêtres à vitraux qui se trouvent de part et d’autre du perron. Celui-ci s’avance comme le cou de quelque bête, s’étirant pour mieux se pencher sur le petit être qui s’approche. Le dôme imposant, couvert en une large partie d’une verrière, semble un œil tout droit dirigé vers le ciel pour capter le regard éblouissant de l’Astre roi. Une colonnade attelée sur la gauche du corps central, semble autant de dents montrées comme un avertissement aux gens malveillants. A droite, une aile qui semble être la sœur cadette du grand dôme, timide, comme réfugiée sous son ombre. La bête sommeil dans un silence éternel, ronronnant parfois lorsque le vent s’engouffre dans sa gueule béante. L’architecture experte réussit parfaitement à dégager l’atmosphère imposante de la connaissance qui est renfermée dans ce lieu.


L’entrée et la Galerie des Illustres

Le perron présente ses escaliers accueillants en marbre blanc, invitant à l’investir avec précaution. On trouve de chaque côté de la porte, dans les deux pieds droits, des alcôves où sont postées deux statues, l’une représentant le Roi de Hurlevent sur la droite et le Duc d’Aarkonie ; Sokkar Ier Aniro de l’autre côté. Sur le linteau, sous le blason rutilant aux armes du Duché, se trouve une citation présentée ainsi ; « Méfiez vous de la connaissance si elle n’est pas mise à profit avec sagesse et intelligence ». Le nom de l’Archimage Avygeihl Oméga est apposé à sa suite comme signature. Elle semble mettre en garde le visiteur qui souhaite s’aventurer dans ce temple de la connaissance. Alors que l’on passe les lourdes portes de bois recouvertes de plaques de métal forgé, on accède à la galerie des illustres, grand couloir spacieux, nous confrontant aux regard des bustes de pierre et portraits peints accrochés au murs, des plus éminents savants du monde connu. Ces visages, tantôt sévères, tantôt doux, ces regards, parfois compatissants, lointains ou encore hautains, figures d’illustres hommes, gnomes, elfes et nains ; grands inventeurs, peintres, écrivains, alchimistes, mathématiciens, magiciens, aucun ne peut laisser indifférent. Derrière un seul visage, une montagne de savoir et d’intelligence se cache. Elle déborde de manière arrogante chez certains et se cache humblement pour d’autres. Tous ces regards sont autant de fierté pour ceux qui foulent aujourd’hui de leurs pas, les allées de la bibliothèque, mais tout autant il représente le regard du passé sur notre présent. S’inspirer d’eux c’est comme prendre une bouffée d’air au sommet d’une montagne, c’est se confronter au vertige du savoir et à la grandeur de leurs œuvres respectives, c’est se faire petit devant des géants de la connaissance. Ils sont là qui veillent et participent à la conscience de la créature de pierre qui les abrite aujourd’hui. Alors, sans s’attarder trop longtemps, submerger par l’émotion ou par la peur d’un jugement de leur part, le visiteur s’avancera vers son objectif, le cœur de la bâtisse où se concentre le savoir.


L’auditorium et la bibliothèque

A la sortie de la Galerie des Illustres, loin de perdre la sensation d’immensité, on est accueilli par une fontaine dont l’eau s’écoule dans un clapotis à peine murmuré. Elle se trouve au centre d’un premier espace réservé à l’accueil des visiteurs et qui comprend deux bureaux symétriquement disposés où sont fièrement postés quelques bibliothécaires. Ceux-ci, passant le plus clair de leur temps à compulser de grands registres parcourus d’une écriture paradoxalement minuscule, comme s’ils avaient toujours craint de manquer un jour de place. De ce qu’on peut y apercevoir, se distinguent des dates soigneusement alignées et des noms d’ouvrages ainsi que ceux des visiteurs venus les consulter. En s’engageant un peu plus dans le cœur de la créature de pierre, on tombe nez à nez avec l’auditorium. Sorte de salle en entonnoir ou chaque gradin est composé de tables et de chaises, permettant aux conférenciers, de surplomber la chair centrale, faite d’une petite estrade entourée d’une barrière de bois sculpté et d’un pupitre. Au plus proche de celle-ci, en première loge, se trouvent des bancs réservés aux pairs, notables et autres gens de hautes qualités assistants aux soutenances et congrès qui se donnent en grande pompe ici. Quel étudiant ou quel docte n’a jamais rêvé de venir s’y exprimer ? Mais quelle épreuve aussi ! Car l’auditorium ne sert pas à de petites occasions. Qui plus est, les oreilles des savants de la Galerie des Illustres ne sont pas loin, servit par l’écho que leur apporte avec générosité la créature de pierre. Ne sommes nous pas en son cœur ? Ainsi, la plupart du temps, les tables de celui-ci sont elles utilisées par les visiteurs pour s’installer confortablement en travaillant sur les œuvres qu’ils viennent consulter.

Tout autour de l’auditorium on peut apercevoir les hautes étagères qui supportent le poids de la connaissance sous sa forme la plus noble en un tel lieu ; livres à reliures, couverture en cuir travaillés, titre en enluminures savantes, recouvertes d’or et d’argent. S’approcher de ces manuscrits, de ces ouvrages refermés, endormis dans une sieste souvent interrompue pour certain, dans un repos interminable pour d’autres, c’est toucher au plus près de l’intelligence quand on en est dépourvu. C’est mettre sa propre mémoire face à celle, sans limite, qui siège ici en reine. A ceux qui ont la sensibilité de l’apprentissage, à ceux qui ont le respect du travail méticuleux, à ceux qui ont l’admiration de la recherche pointilleuse et du partage du savoir, à ceux là il est donné en s’approchant, un frisson étrange, mêlée de mélancolie et d’excitation. Passer entre chaque étagère c’est comme voyager dans le temps… dans les labyrinthes de la connaissance. C’est s’égarer entre la métaphysique et la poésie, entre la géographie et la musique, entre l’alchimie et la philosophie. C’est s’aventurer dans les pas du gnome Vitla Crapahuteur et ses exploits en aéroplane, ses voyages et découvertes et passer dans la rangée d’après c’est suivre l’écriture audacieuse de l’encyclopédie des distorsions magiques et enchantements de troisième années d’étude Arcanique. Alors, dans cet océan de livres, vélins et parchemins, la plupart des visiteurs ne prêteront pas grande attention à qualité du bois choisi pour construire les étagères qui supportent ceux-ci. A moins qu’un apprenti architecte ne s’attarde sur la finesse des ciselures dont est paré le bois mis sous son plus beau jour. Ici et là, des échelles attachées à des rails métalliques permettent aux curieux et aux affamés de connaissance, de gravir les hauteurs comme on prend d’assaut un sommet et atteindre le savoir comme l’air pure.


La salle de conférence

L’aile droite de la bête abrite une salle de conférence en laquelle on rentre par deux grandes portes disposées de part et d’autre du mur qui la sépare de l’auditorium. La salle, construite dans le principe de l’amphithéâtre, est une demi lune où les tables et bancs, ici encore, sont échelonnés par un dénivelé descendant vers l’estrade et permettant aux plus éloignés, de distinguer le professeur ou l’auteur d’un exposé, sans être gêné par les files de têtes bien remplies qui viennent ici aujourd’hui pour devenir les savants, dirigeants ou autres gens de grandes et petites destinées, mais plein de savoir, de demain. Un grand tableau d’ardoise est accroché au mur et souligné par l’estrade lieu de prédilection du professeur. On peut encore apercevoir les traces du derniers cours qui a été donné en observant le tableau parfois mal effacé et tenter de deviner alors la matière qu’on y a enseignée. Combien d’hommes prestigieux se sont assis sur ces bancs, écoutant plus ou moins sagement leurs maîtres ? Une salle de conférence vide c’est d’abord un silence dans un grand vide quand on y rentre. Mais si l’on ferme les yeux, on imagine aisément les chuchotements des étudiants et la leçon faite par le professeur puis les murmures mal à l’aise quand celui-ci interroge quelqu’un sur la leçon passée.


Le chœur de la bibliothèque

Tout au fond à l’opposé de l’entrée de la bibliothèque, on distingue un renfoncement et trois portes qui sont disposées comme un tryptique dont deux des trois pans serait légèrement refermés de sorte qu’ils se font face. Ces deux portes là donnent accès à deux salles de cours. Celles-ci de taille moyennes peuvent accueillir un peu plus d’une dizaine d’élèves chacune. A l’instar de la salle de conférence, un mur porte fièrement son tableau d’ardoise et l’estrade qui permet de l’atteindre. En rentrant, le visiteur sera gagné par une certaine nostalgie. Serait-ce ce parfum si particulier composé des odeurs mêlées de la poussière de craie, de l’encre séchée sur les feuilles et les buvards et les senteurs dégagées par le bois ? Ou alors cette atmosphère devenu aux yeux de celui qui a quitté les bancs de l’école, comme familière, intime, inscrite comme une part de lui-même ? A chacun ses souvenirs, pour certains ce sera, ce bruit éphémère des chaussures sur les planches de bois, un chuchotement étrange, magique, quelque chose d’indescriptible qui plongeait déjà les élèves dans un songe furtif quand leur professeur se levait et montait à l’estrade.

En retournant sur ses pas, à nouveau devant le choix imposé des trois portes qui s’offrent à notre curiosité, on pourra seulement imaginer ce qui se trame derrière la dernière. Celle-là est gardée par une sentinelle en arme, dont le regard dur dissuadera tout un chacun de vouloir s’avancer pour en demander l’accès. Celui-ci s’y refuserait de toute manière catégoriquement à moins d’apercevoir un laisser passé de la Régence ou du bureau du Rectorat de l’Académie. Non, cette salle restera close pour le commun des mortels et elle gardera tous ses mystères. Mais ce qu’y découvriront les privilégiés triés sur le volet, ne sera pas moins fantastique que ce qu’auront imaginés tous les autres. Cette salle d’archive, privée, garde jalousement les manuscrits les plus rares, les plus fragiles ou dont les connaissances ne peuvent être abordées par n’importe qui. On y trouve des ouvrages religieux, des traités de magie, livres de sort ou encyclopédie d’alchimie et d’enchantement dont le savoir si précieux est aussi cher que dangereux. De cette salle, rien ne sort, on y consulte à l’intérieur, portes verrouillées à double tour et on y ressort les mains vides et la tête pleine de réflexions. Assurément c’est une mine de savoir occulte dont la portée est immense et dont la consommation doit se faire avec modération, car la boulimie en ce lieu est bannie au risque de voir sa propre conscience virer vers la déraison. Parfois l’ignorance est-elle préférable au savoir si celle-ci peut nous prémunir de la folie. Car pour aborder la connaissance il faut avoir une connaissance. Et plus on gravit les échelons de celle-ci plus grande encore est la nécessité d’être aguerri dans le domaine afin d’avoir le recul nécessaire à aborder une matière parfois brute et sauvage.


Le patio

Après cette bouffée d’émotions qui auront envahi le visiteur, il sera d’un agréable secours de sentir sur son visage le fin filet d’air qu’une légère brise vient de faire rentrer dans le ventre de la bête de pierre. Alors, comme un animal craintif sortant des profondeurs de la terre et cherchant avec une certaine impatience l’air pur, l’homme, pour se revigorer après sa longue exploration dans les galeries du savoir, cherchera l’ouverture vers le dehors. Se dirigeant vers l’aile gauche il sentira un peu plus à chaque pas les vaguelettes de vent qui viennent le guider. Puis, ce seront, une fois dans les allées entre les étagères de la bibliothèque, des halos de lumière venant de l’extérieur qui prendront le relais. Quand il touchera au but il s’apercevra que ce sont quatre portes majestueuses, ouvertes et figées de manière solennelle, offrant l’accès au patio. Là, passant le seuil de l’une d’entre elles, il pourra fouler du pied les gravillons des chemins dessinés entre des parterres d’herbes et de fleurs. Ici des herbes médicinales, là un gazon, là des roses, ici ou ailleurs toujours une autre fleur, toutes entretenues avec attention. On appréciera de s’asseoir sur un banc et de rester en contemplation devant cette fausse immobilité qui habite la nature, une leçon de patience universelle et perpétuelle, sage enseignement sur lequel il n’est pas futile de s’attarder. Seul mouvement constant, nécessaire car reposant, propice à la détente, le même murmure d’une fontaine qui déverse inlassablement son eau comme les livres le font avec leur connaissance.

 

 
 
 Emoluements généraux

Articles d'Encyclopédie

   Article simple* : 1, exemple ici.
   Article étendu** :  4, exemple ici.

Autres contributions

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*  Un article simple = Moins d'une page Word, minimum 200 mots et 1 image.
** Un article étendu = Plus d'une page Word, minimum 800 mots et 3 images.
 
 Règlement-HRP
 

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