Nom de l'entrée : Pierre de Sang

 
 

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Liens : Kirin Tor ; Hurans ; Agamaggan ; Mannoroth ; Titans ; Panthéon ; Syndicat ; Néant Distordu ; Lame Ardente

 

Les Pierres de Sang
"Ce qu'il reste des Anciens Dieux demeure toujours dans les profondeurs du monde." (Kegan Darkmar)

Pierres de sang. Héliotropes. De nombreuses légendes fourmillent de par le monde, chacune contant les croyances d'une ethnie ou race concernant l'origine de ces pierres. Au-delà des noms, dates, et lieux, variant inévitablement d'une mouture à l'autre, un fait se révèle étrangement commun à l'ensemble de ces mythes : un sang versé par une Entité révérée, perdu au cours d'une bataille titanesque face à une redoutable adversité. Lorsque le passé est désormais trop embrumé dans les voiles du mythe, il ne convient plus de le découvrir, mais d'essayer de le recomposer. Durant la Grande Cause du douzième Grand Cycle de l'An 26, la Maison de Malaky tenta de s'y atteler en initiant des études sur des spécimens de pierres de sang.

Description

Au premier regard, les pierres de sang se trouvent à l'état naturel dans les sols riches en minerai métallique ; de formes variant fortement selon la nature du terrain où elles se retrouvent, elles sont d'une couleur vert foncé tachetée des stries écarlates au regard desquelles elles furent baptisées. Alchimiquement parlant, cette coloration rouge est causée par la présence
d'oxydes de fer ; pourtant, nous le verrons, loin d'être anodines ces tâches définissent la qualité arcanique d'une pierre de sang.
 

Aux yeux non-initiés, tels que ceux n'ayant vu qu'une vulgaire héliotrope lorsqu'ils découvrirent sa présence au sein de mines de cuivre, les pierres de sang ne sont ainsi que des gemmes sans grande valeur ; trop communes et disgracieuses pour être précieuses, trop fragiles pour être utiles. En revanche, tout utilisateur de Magie reconnaîtra immédiatement la nature extraordinaire de ces pierres : en les touchant, on ressent presque physiquement le pouvoir, profond et affamé, qu'elles contiennent. Animées d'une vie propre, et transpirant du désir de se libérer de la pierre...

Avant d'aller plus loin, rappelons que si leur analyse est autorisée, le Kirin Tor interdit l'utilisation des Pierres de Sang, et châtie par la mort ceux s'aventurant sur cette voie depuis les études récentes menées par Dame Belamoore.

Nature et composition

Etudier une pierre de sang comme l'on étudierait tout autre gemme ou minerai inerte n'amène qu'un constat : la
gemme rejette les analyses, y réagissant de manière chaotique, refusant de livrer ses secrets. Le terme est ici employé avec mesure ; les pierres de sang sont animées d'une volonté propre, intelligente, consciente du monde l'entourant. Plus étonnant encore, deux pierres de sang étudiées par la même personne produiront des réactions témoignant d'une conscience commune. La gemme reste certes inerte, et la considérer comme vivante est donc hasardeux ; mais guère plus que la classer comme non-vivante.

La seule réaction à laquelle ces gemmes se plient à chaque expérience, est celle du sang : Tout sang versé à proximité d'une gemme se verra attiré, se déplaçant tel du mercure sur un plan incliné, vers la gemme qui – enfin – l'absorbera. Au-delà du phénomène physique, déjà étrange en lui-même, le pouvoir enfoui au fond d'une pierre de sang s'agite lors de ces repas, et parvient à suffisamment s'arracher à sa prison minérale pour que les tâches écarlates des gemmes se mettent alors à irradier de magie. Un sang animal ne produira qu'une infime réaction ; une goutte de sang d'un humain produira une légère lueur à la surface de la gemme ; un sang d'arcaniste provoquera un bref éclair de lumière rougeâtre. Ne parvenant pas à appréhender le phénomène, les arcanistes aarkoniens n'ont pas osé nourrir une gemme avec un sang plus noble, tel que celui d'un Dragon, de crainte de pleinement réveiller ce qui sommeille en ces pierres.

Des oxydes de fer, écrivions-nous plus haut, mais c'était là un simplisme : du sang compose les stries caractéristiques de ces gemmes, et c'est lui – par le fer qu'il contient – qui leur donne cette couleur. Du sang ? D'un animal ? D'un humain ? Revenons à ces mythes.

Les Hurans, ainsi que nous l'affirmions dans un autre article, relient les pierres de sang à Agamaggan, l'un des Esprits Primordiaux. Selon eux, ce sang fut versé par le Dieu lors d'un combat avec le Seigneur des Abîmes Mannoroth. Le sang composant ces gemmes serait donc, si l'étude rationnelle est à relier avec le folklore, celui d'une puissante Entité ? Mais en ce cas, si l'origine des pierres de sang se trouve dans cet affrontement, ce sang ne pourrait-il pas être celui de Mannoroth ? Ou alors, comme l'indiquent les légendes des Essaims, ce sang pourrait-il résulter de la lutte entre Titans et Dieux Très Anciens, si éloignée de notre ère que même des êtres vivant des millénaires n'en gardent que tradition orale ?

Loin d'être laissée à l'interprétation de chacun, la Vérité ne l'est jamais, la réponse à ces interrogations se trouve dans les autres éléments composant les pierres de sang. Feu, Foudre, Eau, Roche, coexistent dans les gemmes ; et si l'apparence extérieure de celles-ci est inerte, en leur sein ces quatre forces se déchaînent les unes contre les autres.

Quatre éléments chaotiques, luttant sans repos les uns contre les autres, et pourtant asservis sous un joug commun par une cinquième énergie. Comment ne pas reconnaître, en ces gemmes trompeusement anodines, l'état d'Azeroth avant que le Panthéon y sème l'ordre ? Sous cet angle, quel sang pourrait être à l'origine de ce pouvoir vorace, si ce n'est celui d'un des Cinq ?


Usages connus

Si les tribus primitives vivant sur les sols riches en pierre de sang font très rarement plus que leur vouer un culte, de nombreux utilisateurs de Magies usent et abusent du pouvoir inhérent aux gemmes. Arcanistes pour la plupart, évidement et sans surprise, comme les démonistes au service du Syndicat, traqués aussi bien par l'Alliance que par la Horde, comme
Tor'gan, Chaman de Trépas-d'Orgrim. Mais pas toujours : les Hurans usent de ces gemmes pour concevoir leurs totems chamaniques, trompés par les croyances de leur peuple reliant ces pierres à Agamaggan.

Comme toute source de pouvoir magique, les pierres de sang sont cependant susceptibles d'être utilisées pour n'importe quelle tâche, jusqu'à la plus noble de coeur qu'il puisse être, si tant est que l'utilisateur possède la volonté suffisante pour imposer ses desseins à la conscience somnolente des gemmes. Cependant, ne faisant aucunement exception aux règles universelles de la Magie, ces usages empreignent l'âme de celui puisant dans les pierres de sang, s'insinuant patiemment dans ses pensées. Nous nous hasardons à avancer l'hypothèse que la corruption de l'Essaim Noir pourrait se trouver liée à la présence de ces innombrables gemmes au sein même du domaine de celui qui fut autrefois le Limon de la Terre.

A terme, influencé par les intentions d'une Entité trop ancienne pour être pleinement appréhendée par un esprit mortel, l'utilisateur en arrive donc immanquablement à user des pierres de sang pour arracher imprudemment des démons au Néant Distordu, et ce pour une raison connue – bien que non forcément admise et reconnue – de toute personne ayant étudié la cosmologie planaire d'Azeroth. Il existe de nombreuses barrières entre les Plans d'existence, et certaines sont fragilisées par les rituels de démonologie. Bien qu'à l'état d'hypothèses, plusieurs études ont émit l'idée que les barrières protégeant le Plan où les Titans ont banni les Dieux Très Anciens sont de celles affaiblies. Cela expliquerait, entre autres faits dérangeants, les liens tissés entre Marteau du Crépuscule et Lame Ardente...
 

 
© Duché d'Aarkonie, auteur : Phaenan Sources: diverses quêtes aussi bien dans une faction que dans l'autre.
 

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