Ce numéro spécial de la Gazette Aarkonienne fait office d'avis officiel de mobilisation générale des troupes aarkoniennes. Il est destiné à informer le peuple aarkonien de l'ensemble des faits relatifs aux événements qui font entrer notre nation en guerre.

 

 

"Aarkoniennes, Aarkoniens,

A cette heure, les forces de la Maison de Wernoriae se trouvent dans les premiers temps d’opérations militaires destinées à écarter la menace qui pèse sur notre nation. Sur mes ordres, nos troupes ont dernièrement pris position dans les Carmines et des opérations secrètes ont commencé à frapper des cibles particulières d’importance afin de saper la capacité de nos ennemis de faire la guerre.

Ce sont les premiers stades d’une campagne concertée et de grande envergure. Notre nation s’engage dans le combat pour lequel la Refondation a été opérée. L’ennemi auquel nous nous mesurons devra connaître dès les premières heures de l’offensive l’étendue de notre capacité et de notre volonté. Car, dans ce conflit, l’Aarkonie s’affronte à un adversaire qui n’a aucun égard pour les conventions de la guerre ou pour les règles de la moralité, un ennemi qui perpétue assassinats, actes terroristes et vilénies depuis bien avant que nous soyons contraints à l’exil. Cette campagne difficile mais capitale exigera de notre part un engagement soutenu et total car le Duché d’Aarkonie ne vivra pas à la merci de hors-la-loi qui menacent la survie de notre nation séculaire. Nos ennemis sont des extrémistes, des adeptes d’une croyance hérétique qui ne laisse aucune place à la dignité humaine. Maintenant que le conflit est enclenché, la seule manière d’en limiter la durée est d’employer une force décisive. Je puis vous assurer que ce ne sera pas une campagne de demi-mesures, et que nous n’accepterons d’autre issue que la victoire.

Aarkoniennes, Aarkoniens, les dangers qui pèsent sur notre nation seront surmontés.

Régent Aarkon de Vallon, pour Sa Seigneurie le Duc Sokkar Ier Aniro."

 

Les premiers rapports militaires des opérations à l'extrême sud des terres aarkoniennes sont particulièrement positifs. Les éclaireurs ont achevé le relevé topographique qui permettra aux troupes de prendre pied au sud de l'ancien Vicomté d'Handarie. Les forces ennemies se sont repliées au nord sans combattre, il y a fort à parier qu'elles opèrent un regroupement. L'effet de surprise voulu par l'Etat-major est donc, à ce stade des opérations, une réussite éclatante.

 

Une rumeur prétend que plusieurs citoyens influents n'auraient pas rejoints leur section de combat. S'il s'est agit d'un malentendu pour certains, c'est en revanche un fait avéré dans plusieurs cas. Ces veules seront déférés devant une cour martiale et leur comportement lâche est passible de la peine capitale si la désertion est avérée. Tout citoyen valide est incorporé de facto à un bataillon de combat.

 
 

Pour nombre d'Aarkoniens ayant rejoint la bannière d'or des Ducs, les terres aarkoniennes se situaient dans un lointain que seul l'imaginaire leur permettait de rejoindre. Les premiers rayons d'un soleil nouveau transpercent à présent les âmes et révèlent aux citoyens aarkoniens le berceau de leur civilisation. Ce qui fut longtemps conservé comme un secret se dévoile. Les terres ancestrales, épanouies en un lit de jade, de bronze et de tilleul, nous semblent désormais si proches mais pourtant si lointaines. Car si d'antan elles fleuraient les senteurs d'un havre de paix, elles promettent aujourd'hui d'acharnés combats. Aarkonia, l'élégante citadelle flottant sur une amande toujours verte est-elle aujourd'hui autre chose que ruines ? Est-elle toujours la Fière, se détachant du ciel, de l'eau et de la terre, éternel refuge de l'esprit aarkonien, en dépit du temps, en dépit de la folie des hommes ? De cuivres polis en orfèvreries, toutes les demeures de la cité des Ducs s'élancent-elles encore en flèches dorées vers les cieux ?

Partout ce n'étaient que jardins aux terrasses de terre fine où fleurissaient corolles tout au long de l'année devant des façades ciselées en arabesques. A l'intérieur des jardins chantaient les femmes, leurs rires se liant en trilles flûtés, leur joie se répandait sur des parfums de miel que l'air frais évaporait en pistils sous l'infime bourdonnement de ruisseaux. Lorsque tombait la nuit, les rues d'Aarkonia s'embaumaient de centaines de flammes qui lévitaient au-dessus de grandes coupes d'huile d'amande douce. Toute la nuit durant, frémissait sur la ville une lumière transformant en lanterne d'ambre la cité ciselée des Ducs.

Mais de cette image du passé, que reste-t-il aujourd'hui ? Cela nul aarkonien ne le sait, mais nul aarkonien ne l'ignorera encore longuement.

- Publication officielle de la carte générale de l'ancienne Aarkonie - 

- Publication officielle de la carte des bourgs et cités de l'ancienne Aarkonie - 

 

Récemment la Maison des Nobles d'Hurlevent a reçu le Régent Aarkon de Vallon pour l'entretenir de ses préoccupations quant au devenir de la dynastie aarkonienne. La Maison des Nobles s'est étonnée que la Régence ne fasse pas plus et mieux pour reprendre possession des biens aarkoniens. Cette position pressante de la part des autorités d'Hurlevent a certainement joué dans la décision de nos autorités d'entreprendre la reconquête de nos terres et biens. La nation y est-elle prête ? L'état de notre armée nous permet-il d'attendre de la campagne qu'elle soit une réussite complète ? Nous en sommes certains ! Voilà trente-cinq Grands Cycles que nous nous y préparons. Nous gageons qu'en un Grand Cycle, pour la date anniversaire de la Refondation aarkonienne, nos troupes auront pris pied dans l'ancienne capitale du Duché. Pour que tous nos efforts tendent dans cette direction, les autorités aarkoniennes ordonnent l'abandon des Quartiers Résidentiels d'Hurlevent.  

 

Soupçonnée de longue date de félonie, la Dame Bérénice Théodora Shalimar est aujourd'hui officiellement recherchée par les autorités aarkoniennes sous cette accusation. Les faits ? Parlons uniquement des plus récents. Un certain nombre de documents sensibles ont été retrouvés au domicile de l'ancienne Sénatrice. Tout laisse à penser que celle-ci a abusé de son influence pour obtenir des données militaires classées secret-défense. Dans quel but ? Sa récente désertion et ses actes passés laissent à penser qu'elle oeuvrait avec l'ennemi. La Laarkonia a perquisitionné ses appartements et aurait découvert des icônes propres aux adorateurs de la Croix. La question se pose de savoir quelles conséquences ces embarrassantes découvertes pourraient avoir sur le devenir du Cardinal de Paltenio, dont tous se souviennent qu'il avait fait de Dame Theodora sa favorite. 

Une bonne part des Aarkoniens sait de longue date que l'Aarkonie est la cible d'une troupe d'hérétiques extrémistes. Il ne fait aujourd'hui nul doute qu'ils sont les responsables directs de divers attentats touchant aux intérêts aarkoniens et que plusieurs de ces "croyants" ont tenté d'infiltrer nos rangs. Mais qui sont-ils exactement ?

"L'Ordre de la Croix Pacificatrice", le "culte de Terpatus", des noms énigmatiques qui, pour la plupart des aarkoniens, ne signifient rien. Les anciens écrits nous apprennent qu'il s'agissait d'une forme de mysticisme, de croyance locale aarkonienne parallèle à la croyance en la Lumière et qui se développa dès les Temps Anciens (-2800 à -1000). Elle était principalement répandue dans l'Est des terres. Pour le Culte, les vertus imposées et reconnues s'incarnaient dans un être bien précis, un homme dont on ignore à peu près tout. C'est une vision opposée à ce que La Lumière nous inculque et à ce que la raison nous prescrit. Reste que cette hérésie locale, dirigée par un Patriarche, gagna petit à petit des couches toujours plus importantes de la population aarkonienne, Elle aurait finalement certainement disparu avec le temps si elle n'avait pas servi à une famille noble influente qui voyait en elle le moyen de ravir l'autorité des dynastes aarkoniens.

La lignée des Hebering avait pris naissance vers -1500 dans un manoir érigé au sommet d'une colline de la vallée du Rochebury. Dès qu'ils entrèrent en scène, les heberiens et les familles nobles de Rochebury s'étaient dressés les uns contre les autres, pour la raison très simple qu'ils aspiraient à la possession de l’autorité sur la ville. Chacun des actes des Hebering, chacune de leurs alliances, n'avait qu'un seul but : agrandir leur domaine pour conférer à leur pouvoir plus qu'un caractère communal : une dimension régionale, voire plus. Leur lutte qui, à son début, n'avait été qu'une querelle de hobereaux, était devenue, avec le temps, un corps-à-corps de seigneurs influents. Les Heberiens consacraient toujours plus de temps aux luttes secrètes et aux intrigues funestes, ils trouvèrent auprès des hérétiques des appuis solides puis des alliés acharnées. Savoir laquelle de ces deux engeances se servait de l'autre pour atteindre ses objectifs est illusoire, c'est plonger la main dans un nid de serpent. Ce qui est certain, c'est que c'est contre l'autorité de la dynastie aarkonienne que leurs velléités étaient dirigées.

Après des siècles de luttes, c'est au Duc Saargon Ier que revint la gloire d'annihiler les félonnes prétentions des Comtes d'Hebering à la bataille du Val-de-Travers. Défaite, la lignée des Hebering s'éteignit dans la honte et les adorateurs du Patriarche se disséminèrent.

Mais l'invasion des orcs en Azeroth empêcha le Duc de trancher définitivement la tête venimeuse qui gangrenait l'Aarkonie depuis près de mille ans. Tandis que les loyaux serviteurs de la dynastie aarkonienne étaient contraints à l'exil pour échapper aux dévastations qui sillonnaient la retraite des hordes orcs,  les "croisés" qui s'étaient réfugiés dans de profondes cavernes proliférèrent. Telle l'hydre, le mal s'est depuis ramifié et étendu sur les terres ancestrales aarkoniennes. La rumeur prétend qu'un bâtard Heberien aurait échappé au sort qu'il méritait et qu'avec un nouveau Patriarche il s'efforce de construire sur les terres aarkoniennes un domaine qui ne lui revient pas. 

C'est pour empêcher cette vilénie que le Duché d'Aarkonie part en guerre, prêt à se confronter aux Heberiens, aux Croisés et à toutes les créatures qui souillent des terres laissées en friche depuis près de 30 ans et préalablement dévastées par les hordes venues de Draenor.

Brèves : Les archives aarkoniennes de l'Académie Palinka d'Alianis sont confiées à la Maison de Malaky et rendues largement consultables / La Laarkonia est, en ces temps de guerre, dissoute comme organe et incorporée de fait à la Maison de Wernoriae / Le Parlement aarkonien ne sera plus convoqué durant les opérations militaires. Le Haut-Commandement et le Conseil ducal dirigeront les opérations / Le Maréchal de Vallon devrait abandonner son poste de Régent pour se consacrer à la campagne militaire.